France : CSG, retraites complémentaires : haro sur les retraités ?

Alors que le Sénat examine ce lundi le budget de la sécurité sociale, les questionnements sont nombreux à propos de la hausse de la CSG pour les retraités. Proposé par le gouvernement Philippe, adopté par les députés la semaine dernière, ce point a été supprimé en commission des affaires sociales, par les sénateurs. Quel va être le sort des retraités ces prochains mois ? C’est le débat d’ « On va plus loin ».

Tous régimes confondus, les retraités représentaient 17 millions de personnes en France, en 2015 et ont en moyenne 72 ans. Leur pension moyenne est de 1283 € nets par mois. Pour Stéphanie Villers, chef économiste au groupe Humanis, les retraités ne sont pas si mal lotis : « Le niveau de vie des retraités est un peu supérieur à celui des personnes qui sont en activité. Donc on ne peut pas dire que notre système social a défavorisé les retraités ».

Jean-Sébastien Ferjou, directeur de la publication du site Atlantico, va également dans ce sens : « En l’état, ce sont les salariés qui payent pour l’ensemble de la population. Donc après, on peut se poser la question : « Est-il normal, dans un environnement qui est plus difficile, que les salariés à eux seuls payent ? D’autant que ça pose, en général, des difficultés économiques pour les entreprises parce que ça renchérit beaucoup le coût du travail ».

 Pour Christian Bourreau, président de l’Union française des retraités et vice-président de la confédération française des retraités, les retraités sont déjà solidaires. Et en plus, ils sont mal traités : « Il y a une différence de traitement. Pour nous ça ressemble un petit peu à de la discrimination. Et quand j’entends « Vous les retraités, vous pourriez quand même faire un peu de solidarité vis-à-vis des plus jeunes », mais de qui se moque-t-on ? »

Interrogé sur une éventuelle baisse des pensions, concernant les retraites complémentaires, Gilles Oberrieder, conseiller confédéral CGT en charge des retraites, est catégorique : « Oui (…) elles vont baisser de façon relative, par rapport à l’inflation. Il n’y aura pas dans les 10 ans qui viennent une diminution des pensions nominales. En nombre d’euros, les pensions ne vont pas baisser. Mais elles vont baisser par rapport à l’élévation du niveau de vie (…) Ce qui est prévu dans les futures décennies, c’est une baisse très importante, en valeur relative, par rapport au salaire d’activité, du niveau des pensions. On passerait, à peu près des trois-quarts de remplacement du salaire par la pension, à autour des deux-tiers à 60% (…) On passerait de 14% du PIB à 12,5% du PIB. C’est prévu sur les trente prochaines années ». 

Source : Laure-Anne Elkabbach, publicsenat.fr

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