France : La réforme des retraites, pas pour tout de suite

Le Haut-Commissaire à la réforme des retraites essayait depuis plusieurs semaines d'obtenir un délai. Le Premier ministre le lui a accordé.

Une retraite par répartition harmonisée, des droits égaux dès un euro de cotisation... la réforme des retraites souhaitée par Emmanuel Macron est ambitieuse mais elle tarde à venir. Et selon les informations de BFM TV, elle va être une nouvelle fois repoussée. Pourtant lancé en septembre 2017, au vu de l'ampleur du chantier, le texte a besoin d'être encore mûri, selon le Haut-Commissaire à la réforme des retraites. Aussi, Jean-Paul Delevoye a-t-il obtenu un délai supplémentaire auprès de Matignon afin de mener à bien ses travaux, explique la chaîne.

"Une légère extension du calendrier ne serait pas nuisible à la qualité de ce gigantesque projet", expliquait l'intéressé il y a encore quelques jours. Selon le calendrier initial, la concertation avec les partenaires sociaux sur le dossier des retraites devait durer jusqu'en décembre prochain, après avoir commencé en avril dernier. Au final, elle devrait prendre fin en mars 2019. Selon BFM TV, il est donc presque impossible que le texte puisse être examiné et adopté au Parlement l'été prochain, comme le prévoyait le calendrier.

Pourquoi ce nouveau report en réalité ? Le besoin de plus de temps dédié à la concertation n'est pas le seul facteur qui rentre en considération. Selon les informations de BFM TV, il s'agit surtout pour le gouvernement de repousser l'échéance des arbitrages après les élections européennes du 26 mai 2019. "Le gouvernement ne veut surtout pas polluer la campagne avec un sujet aussi explosif que la réforme des retraites, qui risquerait aussitôt de se traduire dans les urnes", observe auprès de la chaîne un haut responsable syndical.
Des "ambassadeurs retraite" en renfort

Sans compter qu'un nouveau délai permet à l'exécutif d'assurer ses arrières et de renforcer les équipes œuvrant à la réforme des retraites, dossier toujours très sensible pour les gouvernements. Au total, quelque 38 députés et sénateurs ont été récemment nommés "ambassadeurs retraite" et sont en train d'être briefés par les équipes de Jean-Paul Delevoye.

Une "cellule" de travail renforcée afin de pouvoir, le temps venu, anticiper les possibles frondes qui ne manqueront pas de secouer le gouvernement après la présentation des premières mesures de la réforme. Le Haut-Commissaire à la réforme des retraites avait affiché l'objectif simple du gouvernement dans une interview au Parisien en mai dernier : "bâtir un nouveau système, le plus adaptable au parcours de chacun".

Source : Ambre Deharo, capital.fr

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