France : Réforme des retraites: Delevoye dévoile (enfin!) ses premières pistes de réforme

Les partenaires sociaux sont convoqués ce mercredi matin pour un bilan à mi-parcours sur la réforme des retraites par le Haut-Commissaire à la réforme des retraites.

C'est le grand jour! Le gouvernement doit dévoiler ce mercredi matin les «premiers grands principes» de sa future réforme des retraites. Après des mois de concertation en tête à tête, le Haut-Commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, a convié l'ensemble des syndicats et des organisations patronales au ministère des Solidarités. Il devrait reprendre en partie les engagements d'Emmanuel Macron.

Jusqu'à présent Jean-Paul Delevoye, fidèle à sa méthode de «concertation» et de «co-construction» de la réforme, a beaucoup écouté et sondé les uns et les autres. Sur des sujets aussi divers que la solidarité, la prise en compte pour la retraite des périodes de chômage, les droits familiaux, les pensions de réversion, les majorations de pension pour enfants. Mais le Haut-Commissaire s'est très peu dévoilé. La multilatérale devrait être l'occasion d'apporter une première salve de réponses sur ces sujets... avant d'embrayer aussitôt sur un deuxième «round» de discussions sur des sujets tout aussi sensible, comme l'âge de départ, les taux de cotisation, la fonction publique, les régimes spéciaux.

Les grandes lignes du projet d'Emmanuel Macron sont connues depuis la campagne: le chef de l'État veut un régime «universel» -et pas unique- de retraites, à la fois «juste» et «transparent», visant à harmoniser les 42 régimes existants aux règles hétérogènes, d'ici 10 à 15 ans. Le nouveau système devrait être en points, et chaque euro cotisé devrait ouvrir les mêmes droits pour tous.

Mais «c'est quoi la réforme par points?», s'interroge Pascal Pavageau, secrétaire général de FO, pour qui «la retraite par points, c'est le travail sans fin». Toujours le sens de la formule... «Il faut que le gouvernement sorte du bois», a-t-il déclaré. Le leader de la CGT, Philippe Martinez, n'en pense pas moins. «On va vous dire «vous pouvez partir à 62 ans» mais si vous n'avez pas les moyens de vivre, vous allez continuer à travailler pour avoir plus de points», prédit-il, expliquant que «la finalité, c'est que vous allez partir à 65, 67 ans». Même la CFDT, favorable à la réforme, a mis en garde l'exécutif: «Si on touche aux 62 ans, l'organisation est mobilisée», a prévenu son secrétaire général, Laurent Berger.

Au contraire, coté patronat, le Medef défend un système de bonus-malus poussant à travailler plus longtemps, sur le modèle de ce qui a déjà été décidé pour les retraites complémentaires des salariés du privé (Agirc-Arrco), tandis que des sénateurs ont tout bonnement proposé un report de l'âge légal.

Avant son élection, le candidat Macron avait fait valoir que «l'enjeu n'est pas de repousser l'âge ou d'augmenter la durée de cotisation» et promis que «l'âge légal restera fixé à 62 ans». Jean-Paul Delevoye a de son côté avancé l'idée que chacun puisse «choisir l'âge de son départ à la retraite, à partir d'un âge pivot dont il conviendra de débattre». Face à la polémique montante, le Haut-commissaire a twitté: «L'âge minimum de départ à la retraite restera à 62 ans, conformément à l'engagement du Président». Détails dans quelques heures...

Source : Marie Cécile Renault, lefigaro.fr

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