France : Retraite : qui sont les gagnants du système actuel ?

Aujourd’hui, 42 régimes de retraite coexistent. Résultat : les droits à la retraite varient en fonction de son statut et de sa rémunération. D’après une étude Deloitte/Sapiendo, le système actuel bénéficie aux enseignants et aux salariés du privé beaucoup plus qu’aux indépendants et aux fonctionnaires ayant un niveau élevé de primes.

A qui le système actuel des retraites profite le plus ? Actuellement un euro cotisé, ne génère pas les mêmes droits à la retraite, que vous soyez fonctionnaire, salarié du privé, commerçant ou encore médecin. Une étude réalisée par le cabinet Deloitte associé à Sapiendo, expert sur les questions de retraite, détaille les différences de traitement. Un constat qui permet de mesurer le chemin qui reste encore à parcourir pour atteindre l’objectif fixé par la réforme des retraites : un euro cotisé doit ouvrir les même droits pour chaque Français.

Pour faire une photographie de l’état actuel des cotisations, l’étude compare deux critères : l’effort contributif (soit la part de cotisations retraite payées par rapport à la rémunération nette) et la rentabilité des cotisations (ce que rapporte un euro de cotisation pour sa future pension). Ces deux données sont ensuite multipliées pour obtenir la performance globale du régime.

Commençons par l’effort contributif qui varie fortement d’un statut à un autre. Par exemple, pour une rémunération annuelle de 20.000 euros, la cotisation annuelle d’un salarié du privé s’élève à 7.200 euros dont 2.900 sont à sa charge. Pour un artisan ou un commerçant, qui assume seul les cotisations salariales et patronales, sa cotisation s’élève à hauteur de 5.000 euros par an. L’effort contributif est donc plus important pour ce dernier (25% contre 14,5%). Le constat se renverse si l’on cumule cotisations employeurs et salariés. Dans ce cas, les efforts contributifs sont moindres chez les professions libérales et les commerçants/artisans et plus hauts chez les fonctionnaires d'État, du fait de la forte cotisation employeur (74,28%).

Autre point étudié : la rentabilité des cotisations soit le montant de la rente annuelle acquise par rapport aux cotisations retraite versées. L’étude souligne que la rentabilité varie selon le statut et la rémunération. L’exemple le plus frappant est celui du fonctionnaire de l’Etat. Comme l’effort contributif (salarial et patronal) est très important, il pèse sur la rentabilité. Ainsi, pour un traitement annuel de 20.000 euros, dont 10% de prime, la rentabilité est de 2,24%. Pour la même rémunération, la rentabilité est de 5,30 % pour un salarié du secteur privé, de 5,60% pour un commerçant/artisan et de 7,55 % pour les professions libérales.

Ces deux données permettent de déterminer la performance des régimes, c'est-à-dire le montant de retraite acquis grâce aux cotisations. Les fonctionnaires d’Etat qui ont un faible niveau de prime, principalement les enseignants, bénéficient de la meilleure performance. Sont aussi parmi les mieux lotis les salariés du secteur public et ceux du privé. Ceux pour qui le système se révèle le moins performant sont les fonctionnaires d’Etat à fort niveau de prime (notamment car ils cotisent très peu sur leurs primes) et les travailleurs non salariés qui doivent assumer les cotisations patronales et salariales. Pour ces deux catégories, il est encore trop tôt pour dire s’ils seront les gagnants du système universel de retraite qui se profile.

Exemple : un salarié du secteur privé dont la rémunération annuelle est de 20.000 euros net acquiert 1,92% de son salaire en rente annuelle. Ce chiffre signifie que le montant de la retraite acquis grâce aux cotisations est de 384 euros par an. Ce chiffre descend à 1,65 % pour un revenu annuel de 50.000 euros, soit 825 euros et à 1,57% pour 100.000 euros, soit 1.570 euros.

Source : Adeline Lorence, capital.fr

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