France : Booster le pouvoir d’achat des retraités : les propositions de députés de l’opposition

Deux propositions de loi visant à donner un coup de pouce aux revenus des retraités ont été déposées à l’Assemblée nationale. Une façon de remettre sur le devant de la scène la question du niveau de vie des personnes âgées.

Le débat sur le pouvoir d’achat des retraités est loin d’être clos. En l’espace de deux jours, deux propositions de loi pour préserver le budget des retraités ont été déposées à l’Assemblée nationale. Cette question dépasse les clivages politiques puisque l’une est soutenue par l’ensemble des députés des groupes de la Gauche démocrate et républicaine et de la France insoumise et l’autre par une députée Les Républicains. Ces deux textes font écho au ras-le-bol exprimé par les retraités qui dénoncent plusieurs mesures ayant baissé leur pouvoir d’achat. “La hausse de la CSG a provoqué des mobilisations et plusieurs organisations de retraités nous ont fait part de leur inquiétude sur la baisse du niveau de vie”, relate Pierre Dharréville, député de la Gauche démocrate et républicaine des Bouches-du-Rhône, qui a déposé la proposition de loi le 7 novembre. Outre la suppression de la hausse de la CSG pour les ménages de retraités concernés, le texte propose le retour de l’indexation des pensions sur les salaires et non pas sur l’inflation, comme c’est le cas aujourd’hui, ainsi que le rétablissement de la demi-part pour enfant accordée aux veufs et veuves dans le calcul de l’impôt sur le revenu. Une mesure fiscale supprimée en 2008.

Si les députés signataires demandent le rétablissement d’anciennes mesures, ils proposent aussi la création de tarifs réglementés et remboursés par la Sécurité sociale pour les résidents des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). “Aujourd’hui d’une structure à une autre, les tarifs peuvent être très différents. Même si tous les retraités ne vivent pas en Ehpad, l’impact sur le pouvoir d’achat est important, constate le député Pierre Dharréville. L’idée serait de conventionner des établissements comme cela existe déjà pour les médecins”, précise-t-il. Aujourd’hui, les médecins conventionnés signent un accord avec la Sécurité sociale qui établit les tarifs en fonction des actes pratiqués. L’assuré qui consulte ce médecin est remboursé en totalité. Ce n’est pas le cas lors d’un rendez-vous avec un médecin non conventionné, qui fixe lui-même ses tarifs et pour lequel une partie du coût peut rester à la charge du patient. Un principe qui, selon les députés signataires, pourrait être transposé aux Ehpad, avec une prise en charge des frais d’hébergements par la Sécurité sociale.

Autres moyens mais même objectif avec la proposition de loi déposée le 6 novembre dernier par la députée Les Républicains des Alpes-Maritimes, Marine Brenier. “Le but de ce texte est que nos aînés connaissent une stabilité économique nécessaire dans un monde économique fluctuant”, affirme la députée dans un communiqué de presse. Elle suggère de rendre constitutionnelle la désindexation des pensions de retraite de l’inflation en demandant d’inscrire dans la Constitution que les pensions de retraite ne puissent pas être inférieures à la première pension reçue. Pour la députée, cette mesure permettrait de garantir le pouvoir d’achat des retraités en le préservant de nouvelles mesures fiscales ou d’augmentations de prélèvements obligatoires comme la CSG. Si ces deux propositions de loi ont peu de chance d’aboutir, ces questions devraient sans surprise ressurgir l’année prochaine dans l’hémicycle au moment du débat sur la réforme des retraites.

Source : Adeline Lorence, capital.fr

Tag(s) : #France

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :