France : Retraite progressive : un bon moyen d’éviter le futur malus sur les pensions complémentaires

Les personnes souhaitant continuer à travailler afin d’éviter de subir le malus devant s’appliquer aux pensions complémentaires à partir de 2019 feraient bien de s’intéresser à la retraite progressive.

C’est programmé : un système de bonus-malus sur les retraites complémentaires sera mis en place en 2019 pour les salariés du privé nés à partir de 1957, pour les inciter à décaler la date de leur départ. Il consiste à appliquer un malus de 10%, pendant 3 ans, à ceux qui décident de partir dès qu'ils réunissent les conditions pour avoir le droit à une retraite à taux plein. Pour y échapper, il faut travailler au moins un an de plus. Dans ce contexte, une solution méconnue pourrait se révéler bien utile : la retraite progressive.

Peu utilisé, ce dispositif est pourtant très intéressant. Il permet aux salariés qui le souhaitent de commencer à percevoir une partie de leurs pensions de retraite dès 60 ans, tout en continuant à travailler à temps partiel auprès de leur employeur ou d'un nouvel employeur et donc de cumuler pension de retraite et salaire à temps partiel. Mais à la différence du cumul emploi-retraite, ce dispositif leur permet d'améliorer leurs droits à retraite. Lorsqu'ils cesseront définitivement de travailler, leur retraite sera recalculée pour tenir compte des trimestres et des points supplémentaires qu’ils ont acquis pendant cette période d’activité réduite, sachant qu’ils ont la possibilité, si leur employeur est d’accord, de continuer à cotiser comme s’ils travaillaient à temps plein, l’employeur pouvant même prendre à sa charge le supplément de cotisations.

Comment cela s’articulera-t-il avec le malus ? Dans le cadre de la retraite progressive, les caisses de retraite procèdent à deux liquidations de la retraite : une liquidation provisoire pour déterminer la partie de la retraite qui va être versée pendant la période d’activité à temps partiel et une liquidation définitive pour intégrer les droits acquis pendant cette période. “Or l’accord Agirc/Arrco précise que les conditions d’application du malus/bonus doivent être appréciées à la date de la liquidation de la retraite définitive” indique Pascale Gauthier, associée chez Novelvy-Retraite.

En clair, une personne optant pour la retraite progressive à partir de 62 ans, même si elle a la durée d'assurance requise pour le taux plein, ne se verra pas appliquer de malus sur le montant de sa retraite progressive dès lors qu’elle continue à travailler, même à temps partiel. Puis, lorsqu’elle fera liquider sa retraite, un an plus tard, voire deux ou trois ans plus tard, elle pourra ainsi échapper au malus, voire bénéficier d’un bonus, dans la mesure où elle aura fait le choix de prolonger leur activité.

Quant à ceux qui cherchent à lever le pied en douceur dès 60 ans, le nouveau malus ne s'appliquera pas, là non plus, à la retraite qui leur sera versée pendant cette période d'activité réduite. Après, tout dépend de la date à laquelle ils feront liquider leur retraite définitive. S'ils demandent son versement dès 62 ans, ils supporteront le malus dans les mêmes conditions que les autres retraités, dès lors qu'ils ont la durée d'assurance requise pour le taux plein. Mais s'ils retardent leur départ en retraite d'un an voire plus, ils pourront au même titre que les autres échapper au malus, voire profiter du bonus.

En clair, la retraite progressive ne doit plus être uniquement considérée comme un moyen de lever le pied plus tôt mais aussi comme une solution pour prolonger son activité en douceur dans le but d’échapper au malus.

Source : Nathalie Cheysson-Kaplan, capital.fr

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