Comment vivent les retraités en France ?

Des centaines de retraités manifestaient ce mardi pour défendre leur pouvoir d'achat. Si les 65 ans ont encore un niveau de vie en moyenne supérieur à celui des actifs, à l'avenir les nouveaux retraités risquent d'être moins bien lotis que leurs aînés.

Des retraités ont manifesté ce mardi pour leur pouvoir d'achat. Malgré un geste du gouvernement envers ceux qui touchent une pension de moins de 2000 euros par mois, ils se disent «pressurés et maltraités» et réclament notamment une revalorisation des pensions. Sont-ils si mal lotis? Dans son «portrait social» de la France, publié fin novembre, l'Insee se penche sur les conditions de vie de ces 13,1 millions de «65 ans ou plus». Voici ce que l'on peut retenir.

Les retraités de plus de 65 ans, plus aisés que les actifs

C'est bien sûr une moyenne, qui masquent des réalités bien plus compliquées. Mais globalement, les personnes âgées de 65 ans et plus vivent un peu mieux que les actifs. D'après l'Insee, en 2015, «le niveau de vie moyen des seniors est supérieur de 3 % à celui des personnes d'âge actif» (25-64 ans). Les seniors vivent en moyenne avec 25.130 euros par an, soit 2 090 euros par mois, alors que le niveau de vie moyen des 25-64 ans est légèrement inférieur: 24.410 euros par an, soit 2030 euros par mois. Après avoir progressé jusqu'au milieu des années 1990, entre 2010 et 2015, le niveau de vie moyen des seniors a stagné, tandis que celui des 25-64 ans, dont les ressources sont plus sensibles à la conjoncture économique, a baissé légèrement. «Les pensions de retraite, qui constituent l'essentiel des ressources des seniors, ne réagissent pas à un ralentissement de l'activité. Elles ont même progressé en moyenne de 5,5 % en euros constants entre 2010 et 2015» précise l'Insee.

Cette relative prospérité des 65 ans et plus tient au fait notamment que ces personnes ont eu des carrières plus complètes et des salaires plus élevés, et donc ont aujourd'hui des pensions plus élevées que les générations précédentes. Cette génération a eu plus l'occasion d'hériter et plus de temps pour se constituer un patrimoine par l'épargne. En outre, «la montée en charge des droits familiaux, des minima de pensions et des régimes complémentaires obligatoires» est venu compléter leurs revenus. Résultat, il y a deux fois moins de seniors sous le seuil de pauvreté que chez les personnes d'âge actif.

Les plus de 65 ans travaillent de plus en plus

Passé 65 ans ne veulent pas dire automatiquement complètement «à la retraite». Entre ceux qui ne veulent pas en entendre parler, ceux qui ont besoin de garder une activité pour compléter une faible pension, ces seniors toujours au travail sont de plus en plus nombreux. «Depuis plus de 10 ans, le taux d'emploi des 65 ans ou plus a quasiment triplé, passant de 1,1 % en 2006 à 3,0 % en 2017» selon l'Insee. Ils représentent 1,4 % des actifs occupés en 2017, contre 0,3 % en 2006. Une tendance favorisée par les différentes réformes des retraites, l'assouplissement du dispositif cumul emploi-retraite et l'allongement de la durée de vie.

Ces seniors actifs sont plus souvent des hommes, en bonne santé, plus diplômés et résidant dans l'agglomération parisienne. «Les cadres salariés, mais aussi les indépendants et les agriculteurs sont surreprésentés dans ce groupe» précise l'Insee. Plus de la moitié des 65-74 ans occupent un emploi à temps partiel. Leurs revenus d'activité sont en moyenne plus faibles: 1 240 euros (en euros nets mensuel 2016) contre 1 960 euros pour les actifs de 60 à 64 ans. Un peu plus des deux tiers des actifs occupés de 65 à 74 ans perçoivent simultanément une pension de retraite et un revenu d'activité. Leur principale motivation? Compléter d'autres revenus, et notamment leur pension de retraite (pour ceux qui en ont une).

Les nouveaux retraités moins bien lotis que leurs aînés

Toutefois, cette relative «prospérité» des seniors, semble stopper pour les nouveaux retraités. S'appuyant sur des projections réalisées par le Conseil d'orientation des retraites (COR), l'Insee estime que le niveau de vie relatif des retraités va même diminuer à l'avenir pour passer sous le niveau de vie de l'ensemble des Français autour de 2025. Selon les projections réalisées par le COR, cette dégradation pourrait se poursuivre, pour arriver à un niveau de vie des retraités inférieur de 5 % à 11 % de celui de l'ensemble des Français en 2040 et de 11 à 23 % en 2070. «Cette baisse résulterait d'une augmentation de la pension nette moyenne moins dynamique que celle des revenus d'activité» estime l'Insee.

Source : Clémentine Maligorne, lefigaro.fr

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