France : Retraite des indépendants: de l’importance de se constituer un complément de revenu

Parce qu’ils cotisent à la retraite obligatoire proportionnellement moins que les autres actifs, les non-salariés ont intérêt à souscrire à une retraite supplémentaire. D’autant que ce dispositif facultatif est assorti d’un avantage fiscal conséquent

Si les salariés perçoivent une pension de vieillesse équivalente en moyenne à 70 % de leur dernière rémunération, le pourcentage tombe à 50 %, voire à 40 % pour les travailleurs non salariés. Ces TNS cotisent, en effet, proportionnellement moins à la retraite que les salariés. Le taux de cotisations vieillesse des premiers se situe aux alentours de 15 % de leurs revenus, contre près de 28 % pour les seconds en additionnant la part patronale et la part salariale. En cotisant moins, nécessairement, les TNS s’ouvrent moins de droits.

Or la situation ne devrait guère changer avec l’instauration du régime universel en points voulu par Emmanuel Macron. Jean-Paul Delevoye, le Haut-Commissaire à la réforme des retraites, a prévenu que le taux de cotisation des TNS resterait peu ou prou le même afin de leur éviter une hausse brutale des charges sociales.
Un avantage fiscal à l’entrée

Du coup, s’ils veulent maintenir leur niveau de vie à la retraite, les TNS ont intérêt à se constituer un complément de revenu, qui viendra s’ajouter utilement à leurs pensions obligatoires. Dans cette optique, les contrats de retraite Madelin restent un outil idéal. Réservé aux TNS, ce placement propose, à compter de la liquidation des droits à la retraite, le versement de rentes viagères, c’est-à-dire de sommes d’argent servies tous les mois ou tous les trimestres jusqu’au décès du souscripteur – avec la future loi Pacte, qui devrait être votée en 2019, il devrait être possible de sortir une plus grande partie de son épargne sous forme de capital.

En contrepartie du blocage de l’épargne jusqu’au départ à la retraite, un avantage fiscal est octroyé à l’entrée : les cotisations sont déductibles des revenus imposables, à hauteur d’un peu plus de 70 000 euros par an. Mieux, ces déductions ne sont pas comptabilisées dans les niches fiscales plafonnées à 10 000 euros par an (emploi d’un salarié à domicile, investissement locatif en « Pinel », etc.). L’entrepreneur peut ainsi utiliser pleinement son plafond de 10 000 euros pour faire d’autres placements défiscalisants.
Veiller à la revalorisation des rentes

Les travailleurs indépendants doivent malgré tout être vigilants sur plusieurs points. « Pour que la rente servie soit significative, ils doivent avoir cotisé au moins 100 euros par mois et avoir commencé avant 45 ans », prévient Guillaume Turpin, du courtier grossiste CIPRÉS Assurances. Pour percevoir 1 000 euros de rente mensuelle à la retraite, le TNS doit capitaliser au moins 300 000 euros sur son contrat Madelin.

Il doit également veiller au taux de revalorisation proposé par l’assureur. Si les rentes sont revalorisées en deçà de l’inflation, il perdra en pouvoir d’achat lorsqu’il sera retraité. Certains assureurs, comme CIPRÉS Assurances par exemple, proposent en effet une option « table de mortalité garantie à chaque versement », permettant un calcul des rentes viagères plus avantageux, qui s’effectue en fonction de la table de mortalité en vigueur au moment de chaque versement et non du départ à la retraite.

Enfin, la fiscalité des rentes doit également être prise en compte. « Les rentes sont intégrées aux revenus à déclarer, après application d’un abattement de 10 %. Il ne faudrait pas que ce revenu supplémentaire alourdisse l’imposition du TNS retraité », avertit Sébastien Desitter, du cabinet d’expertise-comptable In Extenso de Lyon. Ce serait un comble pour un produit de défiscalisation de générer, au final, une augmentation de l’imposition…

Source : Mireille Weinberg, Jean-Philippe Dubosc, lopinion.fr

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