France : Âge de départ en retraite: les pistes de réforme envisagées

 Les discussions sur la réforme des retraites ont repris. Au menu, l'âge de départ : 62 ans aujourd'hui, mais combien demain?

Le sujet est sensible. Les "conditions d'ouverture des droits", autrement dit le futur âge légal de départ à la retraite est abordé cette semaine avec les partenaires sociaux. Plusieurs pistes sont évoquées dans le document de travail transmis par Jean-Paul Delevoye, le haut-commissaire en charge du dossier. 

Le futur âge légal de départ à la retraite est au programme des discussions entre Jean-Paul Delevoye et les partenaires sociaux cette semaine.
Les discussions sur la réforme des retraites ont repris. Au menu, l'âge de départ : 62 ans aujourd'hui, mais combien demain?

Le sujet est sensible. Les "conditions d'ouverture des droits", autrement dit le futur âge légal de départ à la retraite est abordé cette semaine avec les partenaires sociaux. Plusieurs pistes sont évoquées dans le document de travail transmis par Jean-Paul Delevoye, le haut-commissaire en charge du dossier.  

L'âge minimum est un paramètre clef du système actuel de retraite. Aujourd'hui, sauf exceptions (carrières longues, personnes handicapées...), il n'est pas possible de faire valoir ses droits à pension avant d'avoir 62 ans. Et lorsque l'on a engrangé une certaine durée d'assurance (166 trimestres pour les personnes nées en 1957 par exemple, mais 168 pour celles nées entre 1958 et 1960), la pension est calculée de façon optimale, c'est-à-dire à taux plein. Demain, avec l'instauration d'un régime universel par points (et donc avec la disparition de la notion de durée de cotisation), quelles sont les évolutions possibles ?

Le maintien de l'âge actuel minimal de départ

A priori, pas de (mauvaise) surprise du côté de l'âge légal de départ : le document de travail indique qu'il sera préservé à 62 ans pour les personnes nées en 1955 ou après. Mais toute la difficulté est de savoir comment cette borne pourra être maintenue, sachant qu'il n'y aura "plus de référence ni à un salaire moyen, ni à un taux de liquidation (50% ou 75%)" puisque dans le nouveau système "les droits seront calculés par une accumulation de points tout au long de la carrière", précise la note du Haut-commissariat.

Autre impératif : éviter que les personnes ayant connu de nombreuses interruptions de parcours (éducation des enfants, chômage...) ou ayant cumulé les petits boulots, et donc les petits salaires, décident de partir dès cet âge légal, quel que soit leur nombre de points. Cela "entraînerait une paupérisation(...), serait potentiellement coûteux pour la solidarité nationale (...) et fragiliserait le financement par répartition du système", indique le document.

La prise en compte de l'espérance de vie

Le haut-commissaire avance l'idée d'une prise en compte de l'espérance de vie au moment du départ en retraite, arguant que les assurés qui décideront de partir non pas à 62 ans, mais après, vont "réduire d'autant la durée de vie moyenne qu'ils passeront en retraite". De là, à installer l'idée d'une récompense ou "coefficients majorants" qui viendraient valoriser la pension de ceux qui accepteront de travailler plus longtemps, il n'y a qu'un pas...

t celui-ci est d'autant plus facilement franchi que les nouvelles règles Agirc-Arrco, adoptées fin 2015 par les partenaires sociaux, ont instauré, depuis le début 2019, de tels "coefficients majorants" (également qualifiés de "bonus") pour les personnes qui acceptent de travailler au moins deux années de plus au-delà de l'âge auquel elles ont atteint leur taux plein... "Ces coefficients majorants représentent une solution technique évidente. Toute la question est de savoir s'ils seront indexés sur la durée d'activité ou sur l'espérance de vie à la liquidation, souligne Frédéric Sève, secrétaire national chargé des retraites à la CFDT. La durée d'activité est préférable car, plus juste. En effet, si applique le même coefficient majorant à deux personnes qui partent en retraite à 63 ans, alors que l'une d'elles a travaillé et donc cotisé plus longtemps que l'autre, il va y avoir un problème d'équité".

Par ailleurs, le document du haut-commissariat interroge sur la façon dont ces coefficients peuvent évoluer : de façon linéaire avec l'âge ou de façon automatique, au fil des ans, en fonction des évolutions de l'espérance de vie

L'instauration d'âges dits de référence

Pour permettre aux futurs retraités de se repérer et de déterminer objectivement le moment le plus opportun de départ en retraite, le document de travail évoque aussi la possibilité d'instituer non pas un âge pivot, comme l'a réclamé par le passé le Medef, mais un ou des "âges de référence". Leur rôle serait d'indiquer soit un niveau acceptable de pension à atteindre, exprimé en euros, soit un taux de remplacement à atteindre (60% du dernier salaire à 63 ans, 70% à 65 ans, etc.). Des points très techniques qui feront certainement l'objet de discussions.

Source : Roselyne Poznanski, votreargent.lexpress.fr

Tag(s) : #France

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