France : Réforme des retraites : les pistes étudiées pour encourager les Français à travailler plus longtemps

Alors que les concertations avec le haut-commissaire à la réforme des retraites reprennent lundi 21 janvier, Capital s’est procuré le document de travail remis aux syndicats. Il présente les hypothèses envisagées pour inciter les assurés à reculer leur départ à la retraite.

L’objectif relève du travail d’équilibriste. Comment réussir à inciter les Français à poursuivre leur carrière, sans leur faire penser qu’ils devront obligatoirement travailler après 62 ans ? La réponse est loin d’être simple et le sujet est plutôt explosif. Dans le document de travail envoyé aux syndicats par le haut-commissariat à la réforme des retraites pour préparer les nouvelles concertations, plusieurs hypothèses sont présentées. En préambule, il est rappelé l’engagement déjà pris que l’âge minimal de départ est maintenu à 62 ans.

Pour aborder cette question d’âge de départ à la retraite, le haut commissariat prend un maximum de précautions. Jamais, dans ce document, il n’évoque la possibilité, comme celle qui existe désormais pour les retraites complémentaires des salariés du privé Agirc-Arrco, de mettre en place un malus pour ceux qui décideraient de partir à la retraite à 62 ans. Préférant manier la carotte plutôt que le bâton, le haut-commissariat demande aux organisations si elles sont d’accord pour “qu’un coefficient s’applique pour valoriser la pension de ceux qui reculent leur départ ?”.

Dans le système en points prévu dans le cadre du régime universel, mécaniquement, plus vous travaillez longtemps, plus vous accumulez de points et plus votre pension sera élevée. Autre effet de ce départ retardé : la durée passée à la retraite sera plus courte. D’où cette idée de valoriser les points accumulés tout au long de la carrière par un coefficient qui serait établi en fonction de l’âge de départ. Autrement dit, non seulement les personnes retardant leur départ auraient plus de points, mais chacun de ces points rapporterait davantage, en termes de pension de retraite.

Parmi les autres pistes de réflexion : l’accompagnement des assurés proches du départ à la retraite pour les aider dans l’arbitrage qu’ils devront faire entre l’âge auquel ils souhaitent partir, et le montant de la pension qu’ils espèrent percevoir. Le document suggère par exemple de leur indiquer les âges, ou la durée travaillée leur permettant d’atteindre un objectif soit en termes de niveau de pension soit en termes de taux de remplacement, c’est-à-dire le rapport entre le dernier salaire perçu et le montant de sa retraite.

Le texte du haut-commissariat met aussi en évidence que prendre en compte l’augmentation de l’espérance de vie est devenu indispensable car “aucun système de retraite ne peut s’abstraire de cette variable qui participe à l’équilibre financier”. Pour éviter que cela ne devienne un poids trop lourd dans les dépenses publiques, le document évoque plusieurs possibilités comme établir que le rythme de progression de la valeur du point soit inférieur à celui du PIB ou encore augmenter les cotisations. Une des autres hypothèses reviendrait de nouveau à travailler plus longtemps. “La prise en compte de l’espérance de vie pourrait se présenter comme le fait d’indiquer que, pour atteindre un taux de remplacement équivalent, il apparaît nécessaire pour chaque génération de partir un peu plus tardivement”, pointe le document. En clair, comme l’espérance de vie s’accroît de génération en génération, les plus jeunes devront travailler plus longtemps que leurs aînés pour bénéficier du même niveau de pension que ces derniers.

Source : Adeline Lorence, capital.fr

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