France : Quelle revalorisation pour les retraites complémentaires ?

 À quoi les retraités doivent-ils s'attendre en 2019 et dans les années à venir ? Comment le taux sera-t-il fixé ? La décision revient aux partenaires sociaux, ce régime étant géré de façon paritaire. Le coup d'envoi des négociations sur cette épineuse question a été sifflé le 31 janvier au siège parisien du Medef, où étaient réunis représentants des syndicats et du patronat. Après une hausse de 0,6 % fin 2018, la prochaine indexation est prévue le 1er novembre prochain.

Des réserves insuffisantes ?

Quelle est leur marge de manoeuvre ? Dans le nouveau régime unifié Agirc-Arrco (les deux régimes ont fusionné), la revalorisation n'est plus basée sur l'évolution des prix (l'inflation), comme c'était le cas jusqu'en 2018, mais sur l'évolution des salaires (plus précisément du salaire moyen des actifs du régime). Celle-ci peut toutefois être minorée par un "facteur de soutenabilité", pour tenir compte de la situation économique et démographique. Exemple : si une hausse de 2 % du salaire moyen est anticipée sur l'année et qu'on décide d'appliquer une minoration d'un point, la revalorisation sera de 1% (2% - 1 point).

C'est aux partenaires sociaux de fixer le niveau de la minoration. Avec une contrainte : le régime doit disposer à tout moment de réserves équivalentes à six mois de pensions dues. Ces règles figurent dans l'accord paritaire de 2015 qui dessine le fonctionnement du régime unifié.

Or, selon des projections fournies par les services techniques du régime, l'Agirc-Arrco disposerait de réserves équivalentes à six mois de pensions jusqu'à seulement 2023 ou 2024 (la date varie selon les scénarios économiques) si aucun facteur de soutenabilité n'est appliqué, c'est-à-dire si les revalorisations annuelles successives suivent l'évolution des salaires.

Toujours selon ces mêmes projections, appliquer une minoration légèrement supérieure à un point permettrait en revanche au régime de conserver durant quinze ans les réserves exigées. Son niveau précis diffère selon le scénario économique retenu : c'est 1,072 point dans le plus optimiste (qui repose sur les hypothèses du gouvernement), 1,165 dans le scénario intermédiaire, et 1,275 dans le scénario le plus pessimiste (hypothèses de la Commission européenne).

Reste à savoir sur quel scénario économique les partenaires sociaux fonderont leur décision. Mais aussi s'ils choisiront ou non de fixer un taux plancher de revalorisation pour les années à venir - s'ils ont pris l'habitude d'inscrire dans leurs accords que le taux d'indexation ne peut être inférieur à 1, donc que les pensions ne peuvent pas baisser, ils pourraient choisir cette fois d'aller plus loin en fixant une revalorisation minimale. 

Source : Aurélie Blondel, votreargent.lexpress.fr

 

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