France : Retraite : vers des régimes moins spéciaux

Dans sa - longue - concertation destinée à mettre en place, d’ici à 2025, un «système universel de retraites», le gouvernement s’attaque cette semaine à décortiquer «les départs anticipés dans la fonction publique et les régimes spéciaux». Le haut-commissaire chargé de la réforme toujours annoncée pour après les européennes, Jean-Paul Delevoye, reçoit les partenaires sociaux pour causer du sujet avec, sur son bureau, un document de 15 pages révélé par le Parisien. Au menu : les questions du «maintien des spécificités liées aux statuts professionnels pour des métiers équivalents» dans le privé et le public, ou de l’«articul[ation]» du compte pénibilité avec «des départs anticipés spécifiques».

«Une réforme a minima des régimes spéciaux ?» s’est empressé de titrer le Parisien, citant cette phrase issue du document : «La mise en place d’un système universel de retraite permet de maintenir des dispositifs particuliers dès lors que ces dérogations reposent sur des spécificités objectives qui justifient un droit au départ anticipé.» «Pour nous, ce n’est pas une découverte, assure Frédéric Sève à la CFDT. La question est plutôt : est-ce qu’un champ professionnel peut avoir des modalités particulières ? Oui, à condition que ça ne soit pas financé par le système de retraites.» «Les précédentes réformes des régimes spéciaux les ont rapprochés du régime général, rappelle Dominique Corona, de l’Unsa. Si certains peuvent sur le papier partir à 57 ans, dans les faits, il faut 172 trimestres pour partir à taux plein. Ceux qui veulent partir à cet âge-là s’en vont donc avec une pension dérisoire !»

De fait, le document du haut-commissariat confirme que «l’âge moyen» de départ en retraite est systématiquement supérieur à l’âge d’ouverture des droits. Policiers et surveillants pénitentiaires peuvent ainsi théoriquement s’en aller à 52 ans - s’ils ont vingt-sept ans de service au compteur. En moyenne, ils partent à, respectivement, 56,5 et 56,7 ans, selon les données du gouvernement. De même pour les catégories autorisées à prendre leur retraite à 57 ans : 58,3 ans pour les pompiers ou les aides-soignants, 59,5 pour les hospitaliers ou plus de 60 ans pour les fonctionnaires territoriaux. «Tout le monde oublie que les régimes spéciaux ont déjà été réformés, rappelait ainsi Delevoye en mai. Le pas qui reste à faire est abordable. Mon rôle sera de dire comment on justifie une différence, visant à donner des points supplémentaires à certains et pas à d’autres, et comment on accélère les convergences quand c’est possible.»

Source : Lilian Alemagna, liberation.fr

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