France : Retraités : leur pouvoir d'achat a chuté et devrait encore baisser

En cette journée de mobilisation des retraités pour leur pouvoir d'achat, le Conseil d'orientation des retraites fait état d'une baisse du niveau de vie du troisième âge. Une régression qui pourrait s'accentuer.

Alors que les syndicats appellent les retraités à manifester ce jeudi pour leur pouvoir d'achat, le conseil d'orientation des retraites, le COR, publie des éléments sur leur niveau de vie. Des chiffres relativement récents, datant de 2015.

Cette année-là, les retraités avaient un niveau de vie de 2.055 euros par mois, supérieur de 5,6% à celui de la population générale française, et à peu près équivalent à celui des actifs. Une situation sans équivalent dans les autres pays qui, soit n'ont pas de système de retraite comme le nôtre, soit en ont un, mais moins riche.

En France, les pensions représentent 14% du PIB, soit deux à trois points de PIB de plus que la moyenne de la zone euro. Inutile de préciser qu'à ce surcroît de pensions correspond un surcroît de cotisations sociales par rapport aux autres pays.

Des années de suppression des avantages fiscaux

Mais ce que pointe ce document du COR, c'est que le niveau de vie des retraités a quand même chuté récemment : de 0,5% entre 2010 et 2015. C'est moins que la dégringolade de l'ensemble de la population, qui a perdu 2,3% sur la même période. Mais c'est une inflexion significative.

Une glissade qui s'explique par les mesures fiscales qui ont été prises sous les quinquennat Nicolas Sarkozy et François Hollande, telles que la suppression d'un avantage fiscal pour les veufs, et la fiscalisation de la majoration pour famille nombreuse.
Le divorce est un facteur de déclassement

La hausse des prélèvements, depuis la crise, a donc stoppé la progression du niveau de vie des retraités à partir de 2009, pour le faire légèrement baisser ensuite. L'arrivée à la retraite d'une génération où les divorcés sont bien plus nombreux est également à prendre en compte. Or, qui dit divorce, dit chute du niveau de vie, puisqu'il faut évidemment deux logements, deux voitures, avec les mêmes revenus.

Les femmes sont particulièrement exposées à ce déclassement, le taux de pauvreté des divorcées est de 15,4%, contre 4,4% pour les couples de retraités, l'un des taux de pauvreté les plus faibles de la population française.
Les veufs plus avantagés que les divorcés

La situation est quelque peu différente pour les veuves et les veufs. Leur taux de pauvreté est moins important que celui des divorcés parce qu'une veuve reçoit souvent une pension de réversion, liée aux droits du conjoint décédé. Par ailleurs, le veuvage dure désormais moins longtemps, parce que les écarts d'âge au mariage et d'espérance de vie diminuent entre les hommes et les femmes.
Un avenir peu favorable

Sous l'effet des mesures récentes, comme la hausse de la CSG et la désindexation des pensions - qui ne sont pas encore prises en compte - il est tout à fait possible que les retraités voient leur niveau de vie baisser davantage.

Un autre phénomène joue également : la baisse du rendement du patrimoine. La génération récemment arrivée à la retraite a généralement constitué un patrimoine, grâce à l'inflation des années 1970 et à la progression régulière des salaires.

En 2015, les revenus du patrimoine représentaient donc 14,3% du revenu total des retraités, ce qui n'est pas rien. Mais la performance des placements financiers, les obligations et les assurance-vies, n'a cessé de se détériorer dans les dernières années. C'est l'un des facteurs qui devrait aussi contraindre le niveau de vie des retraités dans les années qui viennent.

Source : François Lenglet, rtl.fr

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