France : CSG, revalorisation des pensions... : ce que vont perdre les retraités oubliés par le gouvernement

Les annonces présidentielles pour redonner un peu de pouvoir d’achat aux retraités concernent uniquement ceux dont les revenus mensuels sont inférieurs à 2.000 euros. Pour les autres, le manque à gagner peut atteindre plus d’une centaine d’euros.

Est-on vraiment riche lorsque l’on gagne plus de 2.000 euros par mois ? C’est en tout cas ce que laissent penser les dernières mesures prises par le gouvernement en faveur des retraités. Petit retour en arrière. Le 1er janvier 2018, les retraités gagnant plus de 1.200 euros par mois ont vu leur taux de CSG grimper de 1,7 point passant de 6,6% à 8,3%. Face à la grogne des cheveux blancs, Emmanuel Macron a reculé. Désormais, depuis le 1er janvier 2019, les retraités vivant seuls dont le revenu fiscal de référence en 2017 (figurant sur l’avis d’imposition de 2018) est compris entre 14.548 et 22.579 euros ont vu leur taux de CSG passer de 8,3% à 6,6%. Même chose pour les couples dont le revenu fiscal de référence est compris entre 22.316 et 34.635 euros. Si l’on traduit ces seuils en pension nette, seuls les retraités ayant une pension supérieure à 2.000 euros continuent à s’acquitter d’une CSG de 8,3%. Pour ceux dont les revenus sont compris entre 1.200 et 2.000 euros, leur taux de CSG est redescendu à 6,6%.

Ce seuil de 2.000 euros se retrouve aussi pour l’indexation des pensions. Pour la première fois, au 1er janvier 2020, deux modalités d’indexation des pensions coexisteront. Pour les retraités dont la pension totale (base et complémentaire) est inférieure à 2.000 euros par mois, la pension de base sera revalorisée par rapport à l’inflation. En prenant les prévisions de la Banque de France, la hausse pourrait être de 1,3%. Pour les retraités qui gagnent plus, leur pension de base sera quasiment gelée, avec une faible augmentation de 0,3%. Enfin, pour les complémentaires des salariés du privé Agirc-Arrco, tout le monde bénéficiera d’une revalorisation sur l’inflation à partir du 1er novembre 2019, quel que soit le niveau de revenu.

Pour ces retraités gagnant plus de 2.000 euros c’est donc la double peine… voire pire. En effet, ces derniers ne bénéficient pas de la suppression annoncée de la taxe d’habitation et dès lors qu’ils disposent d’un patrimoine immobilier important, ils doivent s’acquitter de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI). Résultat, ils se retrouveront face à une perte conséquente de leur pouvoir d’achat au 1er janvier 2020, date à laquelle l’ensemble des mesures annoncées entreront en vigueur. Nous avons demandé au cabinet spécialisé Optimaretraite d’estimer le niveau de pension au 1er janvier 2020 de cinq profils types de retraités et de le comparer à ce qu’ils auraient pu espérer s’ils avaient eux-aussi bénéficié des largesses du gouvernement.

Pour les très hauts revenus, la perte de pouvoir d’achat est conséquente. Si ces derniers avaient un patrimoine financier important, notamment via des placements financiers, ils ont cependant pu profiter de la transformation de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), en impôt sur la fortune immobilière (IFI) taxant uniquement les revenus du patrimoine immobilier. Le profil présenté par Optimaretraite est celui d’une femme de 63 ans, ancienne directrice marketing rémunérée 170.000 euros par an. Au 1er janvier 2020, sa pension mensuelle nette totale sera de 5.176,88 euros. Elle perd 111,87 euros à cause de la conservation de la CSG à 8,3% et de la faible revalorisation des pensions. Pour l’année, le manque à gagner est de 1.342,44 euros.

Article complet rédigé par Adeline Lorence à voir ici : capital .fr

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