France : Les retraites complémentaires vont être réindexées sur l’inflation

Après cinq ans de gel, les retraites complémentaires du privé devraient être revalorisées au niveau de l’inflation pour les quatre prochaines années. La décote de 10 % est maintenue, malgré les demandes de la CFDT.

Les salariés du privé devraient être fixés ce vendredi sur l’avenir de leur retraite complémentaire, à l’issue d’une nouvelle séance de négociation - qui devrait être conclusive - entre syndicats et patronat sur le régime Agirc-Arrco. Et, une fois n’est pas coutume, ce devrait plutôt être de bonnes nouvelles.

Après cinq ans de gel, les retraites complémentaires du privé (qui représentent 60 % des pensions des cadres) devraient être revalorisées au niveau de l’inflation pour les quatre prochaines années. Les partenaires sociaux se sont en effet mis d’accord pour réindexer la valeur de service du point Agirc-Arrco sur l’inflation, alors qu’elle évolue aujourd’hui d’1 point sous le niveau des prix, ce qui donnera un coup de pouce au pouvoir d’achat des retraités.

Les salariés qui travaillent et cotisent ne sont pas en reste. Les partenaires sociaux ont également décidé de réindexer la valeur d’achat du point Agirc-Arrco sur les salaires - alors qu’elle est calculée aujourd’hui sur l’inflation -, ce qui facilitera l’acquisition de points pour les actifs.

En revanche, le Medef est resté inflexible face aux demandes de la CFDT de revenir sur la décote qui s’applique sur les retraites complémentaires depuis le 1er janvier. Les salariés du privé qui prennent leur retraite à l’âge légal de 62  ans, se voient désormais appliquer une décote de 10 % sur leur pension durant trois ans. Le seul moyen de l’éviter est d’accepter de travailler un an de plus.

Ce dispositif, voté par les partenaires sociaux en 2015 et 2017, à l’exception de la CGT et FO, visait à rééquilibrer les comptes du régime alors que l’Agirc menaçait d’être en cessation de paiements. Aujourd’hui, le régime se redresse, la conjoncture s’étant améliorée depuis quatre ans. Arguant de ce retour à meilleure fortune, Laurent Berger secrétaire général de la CFDT, avait exprimé le 14 janvier sa volonté de revenir sur la décote.

Concessions minimes

«Le régime complémentaire est quasiment à l’équilibre, observe Frédéric Sève, secrétaire national de la CFDT en charge des retraites. Il va connaître quelques déficits passagers jusqu’en 2035, mais il a les moyens de les absorber, puis la situation va s’améliorer. Du coup, pourquoi punir inutilement les gens avec la décote», poursuit-il.

Prudent, le Medef veut faire le bilan du dispositif sur trois ans avant toute décision. Tout au plus a-t-il accepté d’élargir un peu la liste des personnes qui ne sont pas soumises à la décote, en l’étendant aux chômeurs bénéficiaires de l’allocation spécifique de solidarité (ASS), aux personnes ayant un taux d’invalidité de 20 % (au lieu de 50 %) à la suite d’un accident de travail, aux bénéficiaires de l’allocation adultes handicapés, etc. En réalité, ces concessions concernent peu de monde.

En revanche, la CFDT n’a pas obtenu d’assouplissement de la décote pour les 5 millions de retraités soumis au taux de CSG intermédiaire à 6,6 %, mis en place par le gouvernement en janvier. Ils restent, dans le projet d’accord, soumis à la décote de 10 %, comme ceux qui paient la CSG au taux plein. Seules exceptions, déjà prévues: les retraités qui ne paient pas de CSG sont exonérés, et ceux qui s’acquittent de la CSG au taux réduit (3,8 %) ont une décote réduite de moitié.

Source : Marie-Cécile Renault, lefigaro.fr

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