France : Réforme des retraites : les pour et contre du régime à points

L’Etat promet que les droits à la retraite déjà acquis seront à “100% conservés” dans le futur régime par points concocté par Jean-Paul Delevoye. Mais la réalité risque d’être bien plus compliquée, ne serait-ce que sur la question de la transition vers le nouveau système... A quoi faut-il s’attendre avec le régime à points ? Pour répondre, deux économistes ont confronté leurs points de vue dans le Débat Capital.

Emmanuel Macron assure que dans le nouveau système de retraites qu’il préconise, un euro cotisé ouvrira le même montant de pension pour tous les assurés. La solution proposée est donc celle d'un régime universel par points, devant permettre à la fois un traitement équitable de tous les retraités et la viabilité financière du système... Quels sont les avantages et les inconvénients d’un tel dispositif ? Et que deviendront les points et trimestres déjà acquis si l’on en vient effectivement à ce mode de calcul ? Pour nous répondre, le Débat Capital a reçu Henri Sterdyniak, économiste à l’OFCE, et Bruno Chrétien, président de l'Institut de la protection sociale (IPS).

Selon Henri Sterdyniak, si le régime par points est “théoriquement simple”, le problème principal est que “rien ne garantit les droits des retraités” puisque le niveau de la pension dépend de l'évolution du prix d’achat du point et de la valeur du point. Or, pour l'économiste de l’OFCE, le gouvernement a dans l’idée que “la valeur du point va pouvoir être ajustée pour équilibrer le système” ce qui, de facto, retire toute assurance aux retraités sur le montant de leur allocation future. Henri Sterdyniak insiste enfin en rappelant que nos systèmes de retraites actuels ont deux caractéristiques essentielles : ils sont rétributifs -en fonction des salaires- et redistributifs -le taux de remplacement des bas salaires est plus élevé que celui des hauts salaires. Or, estime l’expert, “toute la question maintenant est de savoir si nous conserverons cet aspect dans le nouveau dispositif”.

De son côté Bruno Chrétien juge aussi que le nouveau système proposé est réputé pour sa “simplicité”. La preuve avec “le plus gros régime français fonctionnant déjà par points : le régime complémentaire des salariés, l’Agirc-Arrco”. Ou encore celui des médecins qui, souligne Bruno Chrétien, ont décidé en 2012 de “baisser de 10 à 16% les droits d’un de leurs régimes additionnels alors en faillite...” Pour le président de l’IPS, il est clair qu’avec la mise en oeuvre concrète de cette réforme, “on va tout de suite aborder des questions qui, techniquement, sont tout sauf accessoires”. Chaque Français va en effet calculer son droit en se demandant s’il est gagnant ou perdant avec le nouveau système. Or “les gagnants n’y verront pas trop de problèmes, mais pour les perdants, estime Bruno Chrétien, ce sera une autre paire de manches !”

Source : , capital .fr

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