France : Retraites : le projet alternatif de la CPME

Jean-Paul Delevoye doit présenter ses recommandations pour la réforme des retraites en juillet. Mais la CPME a, d'ores et déjà, exprimé ses désaccords.

Favorable au principe d'une grande réforme des retraites pour passer à un système par points, la CPME (Confédération des petites et moyennes entreprises) n'est pas d'accord avec les arbitrages déjà rendus par le haut-commissaire à la réforme et le fait savoir, quelques semaines avant que celui-ci ne fasse publiquement part de ses recommandations au gouvernement.

Jean-Paul Delevoye souhaite embarquer dans son système universel les rémunérations jusqu'à trois fois le « plafond de la Sécurité sociale », soit 120 000 euros de revenus annuels, ce qui laisse une très petite part de rémunération pour certaines personnes très bien payées à côté. La CPME réclame, elle, que ce régime commun soit limité à une seule fois le plafond de la sécurité sociale, soit environ 40 000 euros.

Cela reviendrait à créer ou à maintenir des régimes complémentaires par points, indépendants financièrement les uns des autres et du régime de base. Il y en aurait trois : un pour les fonctionnaires et les titulaires des régimes spéciaux ; un pour les travailleurs « non salariés », y compris les professions libérales ; et un pour les salariés du privé calqué sur le régime complémentaire existant (Agirc-Arrco).

L'idée est d'ériger une cloison étanche entre ces trois régimes complémentaires et le régime de base afin de protéger au moins en partie les réserves accumulées au fil du temps par certains régimes existants comme celui des retraites complémentaires du privé (Agirc-Arrco) qui détient un trésor de guerre de plus de 70 milliards d'euros.

« Personne n'est dupe »

La CPME soupçonne en effet l'État de vouloir mettre la main dessus dans le cadre de sa réforme pour diminuer discrètement sa contribution, massive, au régime de retraite des fonctionnaires, même si celui-ci s'en défend. « Personne n'est dupe », lance Éric Chevée, vice-président de la CPME, en charge des affaires sociales.

Le régime de base serait divisé entre un bloc de solidarité financé par l'État et la partie assurantielle financée par les cotisations, dont des pensions de réversion de base. Il aurait vocation à financer une retraite de base et le minimum de pension pour ceux qui ont suffisamment cotisé toute leur vie. Les représentants des organisations patronales et syndicales pourraient s'opposer aux décisions de l'État quant aux règles de gestion, à condition de rassembler la majorité des deux tiers.

Les autres régimes seraient gérés uniquement par les partenaires sociaux, sans que l'État s'en mêle, sauf, évidemment, pour le régime complémentaire des fonctionnaires. Ils verseraient une réversion complémentaire capable d'assurer le maintien du niveau de vie du conjoint survivant.
63 ans

En attendant la grande réforme, qui ne devrait pas s'appliquer avant 2025, la CPME réclame également le passage de l'âge l'égal de départ de 62 à 63 ans, histoire de garantir l'équilibre du système. Selon l'organisation patronale, celui-ci doit permettre de faire entrer 3,5 milliards d'euros dans les caisses de retraite.

Malgré le schéma bien différent retenu par Jean-Paul Delevoye, la CPME espère encore peser dans les arbitrages définitifs du gouvernement qui seront rendus sur la base des recommandations du haut-commissaire. « La discussion sur l'âge pivot a montré qu'ils ne sont sûrs de rien », explique-t-on en référence à la réapparition d'une discussion sur une éventuelle borne d'âge de départ à la retraite à 64 ans en dessous de laquelle ceux qui liquident leur pension pourraient être soumis à un malus ou à une décote alors que Jean-Paul Delevoye avait semblé écarter cette piste en octobre dernier.

La CPME craint que le système imaginé par Jean-Paul Delevoye n'oblige les indépendants à cotiser autant que les salariés du privé, ce qui entraînerait une hausse insupportable de leurs cotisations. Selon la confédération, un régime complémentaire à part permettrait au contraire de conserver leur spécificité.

« Personne n'est dupe »

La CPME soupçonne en effet l'État de vouloir mettre la main dessus dans le cadre de sa réforme pour diminuer discrètement sa contribution, massive, au régime de retraite des fonctionnaires, même si celui-ci s'en défend. « Personne n'est dupe », lance Éric Chevée, vice-président de la CPME, en charge des affaires sociales.

Le régime de base serait divisé entre un bloc de solidarité financé par l'État et la partie assurantielle financée par les cotisations, dont des pensions de réversion de base. Il aurait vocation à financer une retraite de base et le minimum de pension pour ceux qui ont suffisamment cotisé toute leur vie. Les représentants des organisations patronales et syndicales pourraient s'opposer aux décisions de l'État quant aux règles de gestion, à condition de rassembler la majorité des deux tiers.

Les autres régimes seraient gérés uniquement par les partenaires sociaux, sans que l'État s'en mêle, sauf, évidemment, pour le régime complémentaire des fonctionnaires. Ils verseraient une réversion complémentaire capable d'assurer le maintien du niveau de vie du conjoint survivant.

63 ans

En attendant la grande réforme, qui ne devrait pas s'appliquer avant 2025, la CPME réclame également le passage de l'âge l'égal de départ de 62 à 63 ans, histoire de garantir l'équilibre du système. Selon l'organisation patronale, celui-ci doit permettre de faire entrer 3,5 milliards d'euros dans les caisses de retraite.

Malgré le schéma bien différent retenu par Jean-Paul Delevoye, la CPME espère encore peser dans les arbitrages définitifs du gouvernement qui seront rendus sur la base des recommandations du haut-commissaire. « La discussion sur l'âge pivot a montré qu'ils ne sont sûrs de rien », explique-t-on en référence à la réapparition d'une discussion sur une éventuelle borne d'âge de départ à la retraite à 64 ans en dessous de laquelle ceux qui liquident leur pension pourraient être soumis à un malus ou à une décote alors que Jean-Paul Delevoye avait semblé écarter cette piste en octobre dernier.

Source : Marc Vignaud, lepoint.fr

 

 

Tag(s) : #France

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :