France : Retraites : « âge d’équilibre » à 64 ans, décote/surcote… ce que devrait annoncer Jean-Paul Delevoye

Après dix-huit mois de concertation, le haut-commissaire à la réforme des retraites Jean-Paul Delevoye dévoile, ce jeudi 18 juillet, ses préconisations pour le futur « système universel » promis par Emmanuel Macron, l’occasion de répondre aux interrogations autour de l’âge de départ, remis au centre des débats par l’exécutif. Il rejoindra Matignon à 11h30 pour remettre son rapport au Premier ministre Edouard Philippe, avant de revenir au ministère des Solidarités pour un point presse à la mi-journée.

Ses préconisations devraient servir de base au projet de loi, maintes fois repoussé et attendu en conseil des ministres à l’automne, avant un examen au Parlement probablement après les municipales de mars, pour une entrée en vigueur en 2025.

On en connaît déjà les grands axes, conformes aux promesses du candidat Macron : « plus juste et plus lisible », le futur « système universel » à points restera « public et par répartition », un « euro cotisé » devant donner « les mêmes droits à tous », avec un âge légal de départ maintenu à 62 ans. Tour d’horizon.

« Age d’équilibre » à 64 ans

Le système de retraite va basculer d’un système par répartition « en annuités » à un système par points. Selon les révélations du « Point » mercredi soir, l’âge de départ légal restera fixé à 62 ans, mais deviendra un âge minimum de départ. Jean-Paul Delevoye devrait en effet soutenir l’instauration d’un âge « d’équilibre » à 64 ans au taux plein, en deçà duquel une décote sera appliquée sur la valeur des points et au-delà duquel il y aura une surcote.

Autre révolution : Jean-Paul Delevoye devrait préconiser une indexation des retraites sur l’évolution des salaires et non plus sur l’inflation, une question très sensible politiquement.

Certaines spécificités devraient cependant être maintenues : parmi les fonctionnaires de « catégorie active », les métiers « régaliens » (policiers, douaniers, pompiers, surveillants pénitentiaires) resteront autorisés à partir en retraite à 57, voire 52 ans, quand les aides-soignantes devraient rejoindre les règles du privé, avec un accès au « compte pénibilité » pour partir au mieux à 60 ans. Le système de pension de réversion est maintenu, mais les 13 règles existantes seront fondues en une seule.

« Divorce pour solde de tout compte » pour répartir les droits du couple au moment de la séparation, pension de réversion garantissant un certain niveau de vie ou encore pensions majorées via une « bonification proportionnelle » dès le premier enfant sont également attendues. Comme l’instauration d’une « cotisation déplafonnée non créatrice de droits » pour les revenus au-delà de 10 000 euros par mois, en contradiction avec la promesse qu’« un euro cotisé donnera les mêmes droits à tous ».

Autre entorse à ce principe, les indépendants, qui cotisent moins que les salariés, bénéficieront d’un « régime adapté » pour leur éviter un alignement brutal. Mais les avocats sont déjà vent debout contre une réforme qui « condamne à mort » l’accès au droit, selon le Conseil national des barreaux.

Comment seront calculées les futures pensions ? Comment seront conservés les droits acquis ? De nombreux points restent à préciser. FO et la CGT prévoient déjà en tout cas de se mobiliser en septembre contre une réforme qui pénalisera selon eux les plus précaires.

Source : nouvelobs.com

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