France : La volte-face d'Emmanuel Macron sur la réforme des retraites

En privilégiant la durée de cotisation comme axe de réflexion sur la réforme des pensions, Emmanuel Macron prépare l’opinion à de nouveaux efforts.

Retour au réel et à l’immédiat lundi soir. Face à Anne-Sophie Lapix sur France 2 et à quelques millions de Français Emmanuel Macron indique tout à trac sa préférence, dans le projet de refonte du système des retraites, pour un calcul des droits à la retraite lié à la durée de cotisation plutôt qu’à l’âge de départ.

« Pour que ce soit juste en termes de cotisations […] je préfère qu’on trouve un accord sur la durée de cotisation plutôt que sur l’âge, plaide le président, « car si vous avez un accord sur la durée, si vous commencez plus tard, vous finissez plus tard, et quand vous commencez plus tôt vous partez plus tôt ». « Je veux que cette réforme incarne un changement de méthode », poursuit-il, promettant une construction collective de l’épineuse réforme des pensions. Vœu pieu ou déminage ? Dans moins d’une semaine, les 5 et 6 septembre, les partenaires sociaux seront reçus à Matignon, enclenchant la phase de concertation autour du rapport Delevoye.
Jean-Paul Delevoye ministre ?

Sous ce bref intervalle, le haut-commissaire qui fut parfois gagné par le doute ces derniers mois, aura sans doute rejoint le gouvernement à la faveur d’un microremaniement. Sa mission et son portefeuille seront exclusivement recentrés sur cet énorme et complexe chantier. Probablement le plus lourd de cette seconde moitié du quinquennat tandis que les déséquilibres de financement se creusent. Or, les comptes doivent avoir retrouvé leur stabilité pour 2025, top départ du nouveau système universel.

Après les débats (byzantins parfois) sur les modulations paramétriques (l’âge de départ légal, la durée et le niveau de cotisation, mécanisme de surcote et décote etc.) et systémiques, l’heure est au pragmatisme.

Aujourd’hui les Français doivent avoir cotisé 41,5 ans pour prétendre à un départ au taux plein. En 2035 qui est l’horizon de la loi Touraine (votée en 2014) il faudra y ajouter 2,5 années, au rythme d’un trimestre tous les trois ans à compter de 2020.

Le gouvernement voudrait accélérer la cadence et resserrer l’effort sur cinq ans au lieu de quinze. « Si nous faisons une réforme comme d’habitude, on, repousse et décale l’âge de départ. Mais rien n’est clair », oppose Emmanuel Macron qui assure vouloir défendre certaines professions susceptibles d’être lésées sur le seul critère de l’âge légal de départ. Les soignants, les enseignants sont spontanément cités, gros bataillons de la fonction publique. Mais l’âge courant de départ dans le privé est désormais au-delà de 63 ans. Le gouvernement craint surtout une hémorragie de cotisants dès 62 ans dans le futur système universel de thésaurisation par points.
En chiffres

> 5,5 % : c’est en pourcentage et à titre purement indicatif le rendement qui serait accordé à chaque euro cotisé pour retraite à taux plein, selon le projet de réforme Delevoye.
Cent euros cotisés dégageraient des droits à pension de 5,50 € par an tout au long de la retraite. Selon cette hypothèse, un salarié payé 2.000 € brut chaque mois et travaillant 42 années pourrait prétendre à 1.299 € bruts mensuels.
Ce système qui paraît juste et rassurant reste estimatif et ne saurait garantir la valeur réelle du point au moment de la liquidation de la retraite.
> 14.352.420 : c’était au 31 décembre 2018 le nombre de retraités enregistrés en France auprès de la Caisse d’assurance vieillesse.

Source : lanouvellerepublique.fr

 

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