Belgique : Le coût du vieillissement de la population de plus en plus difficile à gérer

En 2070, près d'un Belge sur quatre aura plus de 67 ans. La tendance au vieillissement est là et les inquiétudes autour du financement des retraites aussi. Car le problème est connu: moins de personnes actives financent les soins de santé et le nombre de pensionnés ne cesse d'augmenter. En 2019, ces pensions représentent déjà 48 milliards d'euros. En 2024, elles pèseront 60 milliards d'euros. 

Une situation critique

Pour François Perl, directeur général du service indemnités à l'INAMI (Institut national d'assurance maladie-invalidité): "La situation est très critique sur le plan de la sécurité sociale. On va effectivement se retrouver avec un déficit considérable à l’horizon 2024. Il faudra donc des mesures assez énergiques pour solutionner ce déficit". Un appel que relaie également la ministre sortante du Budget, Sophie Wilmès: "D’ici 2024, si on ne fait rien, s’il n’y a rien qui bouge, le budget se dégradera d’autant plus effectivement". Selon de nouvelles prévisions à long terme du comité de monitoring, le déficit budgétaire passera à 11,8 milliards d'euros d'ici la fin de la législature en 2024.

Trois raisons expliquent cette situation: "D'abord, un gouvernement en affaires courantes ne peut pas prendre de mesures structurelles importantes pour s’assurer de garder la trajectoire budgétaire désirée. Ensuite, il y a la diminution de la croissance qui a aussi un impact sur le budget de l’Etat. Et puis, il ne faut pas oublier l’augmentation très importante des coûts liés au vieillissement", précise Sophie Wimès.

La ministre en appelle à une formation rapide du gouvernement pour remettre le budget sur les rails. La Belgique doit en effet soumettre son budget 2020 aux instances européennes d’ici octobre prochain.
Quelles pistes ?

Pour François Perl, deux pistes sont possibles pour réduire ce déficit: "Agir sur les recettes ou les dépenses". Mais les deux pistes sont douloureuses. "Agir sur les recettes, ça veut dire revenir sur des réductions de cotisations ou des réductions de l’impôt des sociétés qui ont été consenties par le passé. Et agir sur les dépenses, ça veut dire diminuer les prestations." Dans tous les cas de figure, il y aura donc des mécontents. L'exercice consiste à trouver le bon équilibre: "Faire travailler les gens plus longtemps, cela garantit le financement de la sécurité sociale. Maintenant, si l'on ne prend pas des mesures d’assouplissement des carrières ou d’amélioration du bien-être au travail, cela a des conséquences négatives sur la santé et cela peut engendrer plus de dépenses au niveau de la sécurité sociale". Le vieillissement de la population pèsera en tout cas de tout son poids sur la formation du futur gouvernement fédéral. Et plus le temps passe, plus les mesures risquent de peser sur les citoyens.

Source : rtbf.be

Tag(s) : #Belgique

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :