France : Retraites : acte II de la concertation avec les partenaires sociaux

À partir de jeudi et pendant deux jours, les partenaires sociaux seront reçus à Matignon par le Premier ministre et la ministre des Solidarités.

Les concertations organisées dans le cadre de la réforme des retraites entament leur acte II jeudi. Pendant deux jours, les partenaires sociaux se succéderont à Matignon pour un deuxième cycle de concertation sur le futur « système universel » de retraites. Il faudra en revanche attendre pour connaître le calendrier et la méthode de cette réforme hautement inflammable.

Le Premier ministre Édouard Philippe recevra tour à tour les organisations syndicales et patronales déjà consultées pendant dix-huit mois par le haut-commissaire aux retraites Jean-Paul Delevoye durant l'acte I des concertations, qui, nommé mardi au gouvernement pour défendre le projet devant le Parlement, sera également présent, comme la ministre des Solidarités Agnès Buzyn. Force ouvrière, qui avait séché la dernière séance avec Jean-Paul Delevoye, ouvrira le bal à 10H30, suivi de la CFTC, puis l'après-midi de la CFDT, du Medef et de la FNSEA. Les entretiens se poursuivront vendredi avec l'U2P, l'Unsa, la CGT, la CFE-CGC puis la CPME.

Vers un « changement de méthode »

Combien de temps durera la concertation ? Quand sera présenté le projet de loi ? Avant ou après les municipales ? Malgré la cacophonie gouvernementale des derniers jours sur le calendrier, le Premier ministre n'entend pas lever le voile dans l'immédiat, Gérald Darmanin ayant évoqué une concertation d'environ un an. « C'est seulement une fois (...) que j'aurai essayé de synthétiser l'ensemble de ce qui me sera dit que, dans le courant de la semaine prochaine, j'indiquerai les choix que nous retiendrons sur la méthode et le calendrier de la réforme », a-t-il précisé mercredi.

« Ce projet de loi (...), nous n'allons pas le préparer seuls, mais (...) en écoutant les partenaires sociaux, en écoutant les Français », a promis le Premier ministre alors qu'Emmanuel Macron tient à ce que ce chantier « incarne le changement de méthode » initié après la crise des Gilets jaunes.

Les discussions s'appuieront sur le rapport dévoilé mi-juillet par Jean-Paul Delevoye qui préconise un futur « système universel » par points remplaçant les 42 régimes existants et un âge de départ de 64 ans pour bénéficier d'une retraite à taux plein. Mais, dans un revirement inattendu, Emmanuel Macron a indiqué fin août sa préférence pour une modulation de la durée de cotisation plutôt que de l'âge de départ.
Laurent Berger est « inquiet »

Une main tendue à la CFDT, seul syndicat favorable à un « système universel » mais qui reste opposé à la mise en place d'une borne d'âge collective, jugée « totalement stupide » par son numéro un Laurent Berger. La prudence est de mise, Laurent Berger se disant « inquiet » de la volonté de l'exécutif de parvenir à un régime « équilibré financièrement » au moment de son entrée en vigueur en 2025 au menu des discussions.

Il estime qu'« il n'y a pas besoin d'élément de réforme financier », la durée de cotisation devant déjà augmenter progressivement jusqu'à 43 ans d'ici à 2035. Le gouvernement a un temps envisagé d'accélérer cette mesure de la loi Touraine dès 2020, avant d'y renoncer pour ne pas parasiter la réforme.

Fronde de FO et de la CGT

Mercredi, Agnès Buzyn a précisé sur Franceinfo qu'il n'y aurait « aucune mesure sur les retraites dans les projets de loi de financement » de la Sécu jusqu'en 2022. « S'il devait y avoir la moindre mesure pour le retour à l'équilibre », elle figurerait « dans la loi qui concerne le nouveau système », a-t-elle précisé. Dans tous les cas, certaines « conditions » seront nécessaires à un compromis, tance Laurent Berger : il cite une pension minimum à « 100 % du smic », la prise en compte de la pénibilité, des carrières longues ou encore des « discriminations dont sont victimes les femmes ».

De leur côté, FO et la CGT rediront leur opposition au régime par points. « On peut améliorer les dispositions dans le cadre des régimes existants », assure ainsi Yves Veyrier, le secrétaire général de FO, sur la même ligne que son homologue de la CGT, Philippe Martinez.

Cette fronde prend forme : les deux syndicats ont déjà prévu des mobilisations, le 21 septembre pour FO, le 24 pour la CGT. Les agents de la RATP sont par ailleurs appelés à la grève le 13 septembre, tandis que certains avocats, médecins ou encore infirmières libérales défendront leurs régimes spécifiques dans la rue le 16.

Source : lepoint.fr

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