France : Retraites : le Premier ministre va demander l'arbitrage du COR sur le déficit

Le Premier ministre va demander au Conseil d'orientation des retraites d'actualiser ses projections financières sur le niveau de déficit à prévoir en 2025.

Édouard Philippe s'apprête, ce jeudi matin, à donner le coup d'envoi de la prochaine de la réforme des retraites visant à bâtir un régime universel par points en 2025. Le Premier ministre va présenter le projet « de refondation de notre système », dans une intervention qui se veut solennelle devant le Conseil économique social et environnemental (Cese), au sein duquel figurent en bonne place des représentants des organisations patronales et syndicales. Il devrait notamment y annoncer le calendrier de la concertation qui va s'ouvrir avec les Français, sur le modèle du grand débat, mais aussi avec les partenaires sociaux ainsi qu'avec, à plus long terme, toutes les professions dont le régime de retraites va être intégré au régime universel.

Selon nos informations, le Premier ministre va notamment demander une nouvelle expertise financière au Conseil d'orientation des retraites, malgré la publication de son rapport annuel mi-juin, pour savoir quel sera exactement l'état des comptes des retraites en 2025, lors de l'entrée en vigueur (progressive) du nouveau système. Il s'agit d'obtenir un diagnostic le plus consensuel possible sur les mesures de redressement nécessaires à cet horizon afin que le futur régime par points puisse partir sur des bases financières saines, c'est-à-dire sans déficit.
Quel déficit pour 2025 ?

Jusqu'à présent, la CFDT conteste l'utilité de mesures d'ajustement dans les prochaines années par l'augmentation de l'âge de départ (même via l'allongement de la durée de cotisation requise), arguant que le déficit projeté jusqu'en 2025 est en réalité très limité et creusé par des hypothèses techniques qui aggravent artificiellement le trou entre les recettes et les dépenses.

Selon le dernier rapport du COR, le déficit du régime de retraites atteindrait entre - 0,3 % et - 0,6 % du PIB en 2025, a priori plus proche de - 0,3 point de PIB, selon les hypothèses techniques jugées les plus crédibles et les moins défavorables.

Mais le gouvernement fait aussi valoir qu'à cet horizon de 2025, l'évolution de la productivité de l'économie française commence à avoir de l'influence sur le solde des régimes de retraites. Or, l'évolution de la productivité ces dernières années correspond au pire scénario économique projeté par le COR (seulement + 1 % par an). Autrement dit, si la productivité ne se redresse pas, on peut s'attendre au maintien d'un déficit et pendant longtemps.

Le président a rappelé dans son intervention télévisée après le G7 que le système devrait être équilibré en 2025, un engagement réitéré depuis par le Premier ministre, au risque d'un désaccord avec la CFDT, le principal syndicat susceptible de ne pas s'opposer frontalement au gouvernement. Le chef de l'État n'a pas l'intention de se laisser « cornériser », explique-t-on en haut lieu. Autrement dit, pas question de céder à toutes les exigences de la centrale réformiste dans l'espoir d'obtenir un soutien.

Source : Marc Vignaud, lepoint.fr

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