France : Assurance-vieillesse : le déficit va grimper à 6,6 milliards d'euros en 2023

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale prévoit une dégradation des comptes de l'assurance-vieillesse jusqu'à la fin du quinquennat. Avant de mettre en place le nouveau système de retraite par points, l'exécutif veut revenir à l'équilibre financier.

Le Conseil d'orientation des retraites (COR) l'avait prophétisé dès 2017, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale met à nouveau le doigt dessus : les comptes de l'assurance-vieillesse vont plonger d'ici à la fin du quinquennat. C'est ce qui motive l'exécutif à inclure dans le projet de loi de  réforme des retraites du printemps 2020 des mesures de redressement, pour que les comptes soient à l'équilibre en 2025 lorsque le régime universel de retraite par points verra le jour.

L'avant-projet législatif, que « Les Echos » ont pu consulter, prévoit un déficit cumulé de 6,6 milliards d'euros en 2023 pour l'ensemble des régimes de base de retraite relevant du champ de la Sécurité sociale, dont 300 millions attribuables au fonds de solidarité vieillesse. L'année dernière, ce déficit s'élevait à seulement 1,9 milliard, et la marche va s'élever dès cette année avec un solde attendu à -4,6 milliards.

Des prévisions tout sauf pessimistes

Le déficit gonfle, alors même que les prévisions macroéconomiques qui sous-tendent cette trajectoire sont assez optimistes : la masse salariale, principale source de recettes de la Sécurité sociale et de la branche vieillesse, en progression de 2,8 % en 2020, remonterait jusqu'à + 3,4 % en 2023. Il est vrai que la hausse des pensions, indexées sur les prix, est envisagée sous le même prisme audacieux : l'inflation hors tabac atteindrait 1,8 % en 2023, contre 1 % en 2020.

Si l'on élargit le champ avec les projections du COR pour l'ensemble du système de retraite, réactualisées en juin, elles font état d'un besoin de financement encore plus important, d'un demi-point de PIB en 2023 : une douzaine de milliards manqueraient à l'appel. L'écart avec les comptes de la Sécurité sociale s'explique par le choix de la convention comptable et par la prise en compte des régimes complémentaires.
Une partie du fardeau reportée sur la famille

Dans l'immédiat, l'exécutif a renoncé à proposer des mesures de redressement des comptes via le budget de la Sécurité sociale, pour apaiser les syndicats susceptibles de soutenir la création d'un régime universel de retraite. Après avoir cantonné la sous-indexation des pensions en 2019-2020 aux retraités gagnant plus de 2.000 euros par mois, le gouvernement n'attend plus que 400 millions d'économies en 2020 sur la vieillesse, tous régimes confondus, dont 300 millions au régime général.

Source : Solveig Godeluck, lesechos.fr

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