France : Report de l'âge légal, indexation sur l'inflation : les propositions choc du rapporteur “retraite” au Sénat

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2020 est arrivé au Sénat. L’occasion pour les élus Les Républicains, majoritaires, de faire leurs contre-propositions. Parmi, elles, la revalorisation de toutes les pensions sur l’inflation.

Sans surprise, les sénateurs, qui viennent de commencer l’étude du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2020, modifient en profondeur le texte adopté par l’Assemblée nationale. A l’occasion de son analyse par la commission des Affaires sociales, ce mercredi 6 novembre, l’article 52 - pour la mise en place d’une revalorisation des pensions sur l’inflation uniquement pour ceux ayant des revenus inférieurs à 2.000 euros brut - a été totalement remanié. René-Paul Savary, sénateur Les Républicains et rapporteur “retraite” de la commission des Affaires sociales, explique son désaccord avec ces mesures et détaille ses propositions.

Capital : Pourquoi vous opposez-vous à cette revalorisation différenciée des retraites sur l’inflation ?

René-Paul Savary : Nous trouvons cette mesure injuste. Tout d’abord parce que l’on prend en compte uniquement le revenu de la retraite et pas celui du capital pour déterminer qui bénéficie ou non d’une revalorisation sur l’inflation. Or, pourquoi un retraité qui gagne 1.300 euros par mois mais qui a, à côté, de nombreux revenus locatifs, bénéficierait d’une meilleure revalorisation que celui qui a comme seul revenu sa retraite à 2.000 euros ? Ensuite, la retraite, c’est une cotisation qui vous garantit une prestation. Alors, pour quelles raisons cette prestation n’évoluerait pas de la même façon pour tout le monde ? Une telle mesure peut être retoquée par le Conseil constitutionnel car elle ne respecte pas le principe d’équité.

Capital : Le pouvoir d’achat des retraités est de nouveau attaqué ?

René-Paul Savary : Cela fait maintenant plusieurs années que les retraites ne sont plus indexées sur l’inflation. On assiste donc à une perte de pouvoir d’achat chronique. Et le risque, à force de continuer, est que l’on se retrouve avec de plus en plus de retraités pauvres.

Capital : Mais si le gouvernement a fait cette proposition, c’est avant tout pour faire des économies ?

René-Paul Savary : Comme nous sommes favorables à mettre en face de chaque dépense supplémentaire une mesure d’économie, nous proposons, comme l’année dernière, de repousser l’âge légal de départ à la retraite à 64 ans. Les premiers concernés seraient les personnes nées à partir du 1er juillet 1959 et qui devraient attendre 62 ans et 4 mois pour partir à la retraite. La mesure serait pleinement effective en 2025 pour les personnes nées à partir du 1er janvier 1963. Nous estimons qu’une telle mesure est indispensable si, comme le préconise le haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye, la mise en place du régime universel en 2025 se fait à l’équilibre.

Source : Adeline Lorence, capital.fr

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