France : Retraites : le gouvernement va faire des propositions aux cheminots

Jean-Paul Delevoye a reçu la CFDT et l'Unsa Ferroviaire. Il devrait leur présenter un compromis le 22 novembre, afin d'éviter une grève trop dure le 5 décembre.

Le haut commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye, a reçu jeudi matin, aux côtés de Jean-Baptiste Djebbari, le secrétaire d'État aux Transports, les syndicats de la SNCF pour tenter de désamorcer le conflit qui s'annonce dans les transports (non seulement à la SNCF mais aussi à la RATP pour l'Île-de-France) à partir du 5 novembre. Les syndicats appellent à la grève pour protester contre le projet de régime universel d'Emmanuel Macron. Opposé à l'esprit même de la réforme, la CGT et SUD Rail n'ont pas honoré ce rendez-vous.

La discussion est restée, à ce stade, assez générale, selon Roger Dillenserger de l'Unsa ferroviaire (2e syndicat de la SNCF), parmi les plus réformistes. Le gouvernement devrait faire des propositions fermes d'ici le 22 novembre, le temps de laisser aux adhérents des organisations le temps de faire voter leurs militants sur la grève du 5 décembre.

Des rencontres bilatérales devraient avoir lieu d'ici là, probablement autour de la mi-novembre. L'Unsa et la CFDT réclament notamment l'application d'une clause dite « du grand-père ». Autrement dit, ils veulent que la réforme ne s'applique qu'aux nouveaux salariés de la SNCF et ne touche pas ceux qui sont déjà en poste.
Une période de transition allongée ?

Si cette exigence était retenue, seuls les nouveaux entrants, à partir du 1er janvier 2020, n'auraient pas droit au départ anticipé. Ils n'auront d'ailleurs plus droit au statut de cheminot, mais seront embauchés en CDI de droit privé conformément à la réforme ferroviaire votée l'année dernière. Mais cela signifie que les départs en retraite anticipés continueront pendant... plus de 40 ans. La possibilité a été évoquée par Emmanuel Macron lui-même lundi 28 octobre dans son interview à RTL.

Pourtant, Jean-Paul Delevoye avait affirmé auparavant ne pas être favorable, « à titre personnel », à n'appliquer la réforme qu'aux nouveaux embauchés. Une solution intermédiaire pourrait donc être recherchée. La période de transition à l'étude par le haut commissaire pourrait être allongée. Le but serait de contenter les syndicats en collant à la pyramide des âges de la SNCF, ce qui permettrait aux nombreux cheminots actuels déjà bien avancés dans leur carrière de ne pas être impactés, ou peu. Quant aux plus jeunes, nombreux, ils seraient moins sensibles au sujet de l'âge de départ. Une solution devra toutefois être trouvée par les nouveaux entrants à la SNCF, embauchés sous contrats de droit privé, et qui exercent des métiers considérés comme pénibles.

Outre les départs anticipés, l'autre point épineux de la réforme concerne les modalités de calcul de la retraite des cheminots, fondée sur les six derniers mois de carrière, comme dans la fonction publique. Le régime à points, dans lequel toute la carrière sera prise en compte, sera désavantageux pour les cheminots. Il va donc falloir trouver un moyen pour que leur pension ne baisse pas.

La grève ne pourra toutefois pas être évitée. La CGT et SUD Rail, respectivement premier et troisième syndicat à la SNCF, semblent déterminés à arrêter le travail, quelle que soit la position du gouvernement. Mais la durée du conflit pourrait varier en fonction des choix qui seront faits, notamment si les syndicats plus réformistes se désolidarisent de ce mouvement social.

Source : Marc Vignaud, lepoint.fr

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