Les retraites, une bombe à retardement en Europe pour François Lenglet

La majorité des pays européens est confrontée au défi de l'équilibre des retraites en raison du vieillissement de la population. Tous affrontent des contestations, quel que soit le système en place.

La crise de financement du système de retraites ne touche pas seulement la France. Dans vingt ans, nous pourrions faire face à une crise mondiale de la retraite, en réalisant que nous n’aurons plus suffisamment d’argent pour payer les pensions. Il faudra alors expliquer aux jeunes que leurs parents reviendront vivre chez eux, faute de moyens de subsistance suffisants. C’est ce que déclarait il y a quelques jours au Financial Times, le patron d’un des plus grands fonds de pension au monde, Calpers.

Et s’il y a crise, c’est en Europe qu’elle sera la plus forte, compte tenu du niveau relativement élevé des retraites dans nos pays. Les différents systèmes commencent d’ailleurs à craquer. Aux Pays-Bas, par exemple, qui possède l’un des systèmes les plus généreux du monde, assurant des retraites à 80% du dernier salaire. Plus de deux millions de retraités bataves risque de voir leur pension baisser l’année prochaine, à cause d’un effet de ciseau. D’une part, l’espérance de vie s’allonge, et avec elle la durée de la retraite, et de l’autre les rendements de l’épargne placée chutent fortement.

Le produit des cotisations des salariés est en effet investi sur les marchés financiers, par la centaine de fonds de pension néérlandais. Or, avec les taux d’intérêt à zéro, la rémunération de ces placements s'est effondrée. Syndicats et partis politiques manifestent donc, pour demander au gouvernement d’intervenir.
Les retraites, un problème dans tous les pays d'Europe

Et il n'est pas sûr que les autres systèmes résistent mieux. En effet, tous sont exposés aux conséquences du vieillissement, qui sévit partout en Europe. Partout, il y a moins de cotisants, et des retraités qui vivent plus longtemps. C’est une impasse. Au Royaume-Uni, ce sont les enseignants des universités qui sont en grève cette semaine, parce qu’on envisage de relever leurs cotisations retraite en la passant de 8 % à 9,1 % du salaire, pour s’attaquer au déficit de 8 milliards d'euros qui menace leur régime.

Source : François Lenglet, rtl.fr

 

Tag(s) : #Europe

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