Chili : les députés votent une hausse massive des retraites pour apaiser la contestation

Le Parlement chilien a approuvé un projet de loi du gouvernement instaurant une augmentation pouvant aller jusqu'à 50 % du minimum vieillesse. Une nouvelle mesure pour tenter d'apaiser les contestataires, mobilisés massivement depuis mi-octobre pour protester contre les inégalités.

Le Chili multiplie les mesures pour tenter d'éteindre la contestation sociale. Deux jours après l'annonce par le gouvernement du lancement d'un plan de relance de 5,5 milliards de dollars et du versement d'une prime exceptionnelle à 1,3 million de familles, le Parlement a approuvé mercredi un projet de loi augmentant jusqu'à 50 % le minimum vieillesse.

Les retraites les plus basses pour les personnes âgées de plus de 80 ans passeront, dès le mois de décembre, de 130 à 207 dollars par mois, selon un communiqué du Sénat chilien. L'augmentation sera limitée à 30 % pour les personnes âgées entre 75 et 79 ans, et à 25 % pour les moins de 75 ans. Mais l'augmentation sera portée à 50 % pour tous à partir du 1er janvier 2022.

Mobilisation massive

Avec cette loi, le gouvernement espère répondre à l'une des demandes principales du mouvement de contestation au Chili, où les retraites sont très basses et très inférieures au salaire minimum. Le texte de loi prévoit également une réduction des tarifs de 50 % dans les transports publics pour les personnes âgées de plus de 65 ans, ainsi qu'une aide à l'achat de médicaments.

La crise, déclenchée par les étudiants le 18 octobre à la suite de la hausse du prix du ticket de métro, s'est rapidement muée en révolte sociale, la plus grave depuis la fin de la dictature d'Augusto Pinochet (de 1973 à 1990). Le 25 octobre, la contestation a rassemblé plus d'un million de personnes à Santiago, la capitale, et dans plusieurs régions du pays.
Référendum constitutionnel en avril

Les Chiliens protestent contre les inégalités qui règnent dans un pays à l'économie prospère et où l'Etat est, selon eux, défaillant dans les domaines de l'éducation, de la santé et des retraites. En 46 jours, le mouvement a fait 23 morts, dont cinq après l'intervention des forces de l'ordre, et plus de 2.000 blessés.

Pour tenter de répondre à cette crise sociale, les partis politiques sont parvenus à un accord historique pour organiser un référendum en avril 2020. Celui-ci proposera d'adopter une nouvelle Constitution  pour remplacer l'actuelle, héritée du régime de Pinochet.

Source : lesechos.fr

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