France : Âge de départ, montant des pensions… Ce qui rend les régimes de retraite de la SNCF et la RATP spéciaux

La réforme que souhaite mener à bien le gouvernement prévoit l’uniformisation du système de retraites par points, et de facto l’abolition des quarante-deux régimes qui coexistent, dont une dizaine que l’on dit spéciaux. Mais pourquoi sont-ils si spéciaux ?

Les bénéficiaires des régimes spéciaux sont vent debout contre la réforme que souhaite mettre en place le gouvernement.

Arguant d’une nécessité de « justice sociale » et de « simplicité », le gouvernement entend lisser le régime des retraites en mettant fin, notamment, à la dizaine de régimes spéciaux, antérieurs au régime général, issus pour la plupart de monopoles publics.

En tout, 482 282 retraités bénéficient d’un régime dit spécial, selon les chiffres de la Cour des comptes publiés en juin dernier. Sont concernés certains employés de la RATP, de la SNCF et d’industries électriques et gazières, qui bénéficient de « compensations et pas d’avantages », insiste Jean-Christophe Delprat, délégué syndicat SUD-RATP.

Conducteur de métro, il est en congé un week-end sur cinq, ses dimanches ne sont pas payés double et ses horaires sont très variables. « Quand on m’a recruté, on m’a présenté les contraintes que j’ai acceptées parce qu’assorties à des compensations. »

 

Les bénéficiaires des régimes spéciaux sont vent debout contre la réforme que souhaite mettre en place le gouvernement.

Arguant d’une nécessité de « justice sociale » et de « simplicité », le gouvernement entend lisser le régime des retraites en mettant fin, notamment, à la dizaine de régimes spéciaux, antérieurs au régime général, issus pour la plupart de monopoles publics.

En tout, 482 282 retraités bénéficient d’un régime dit spécial, selon les chiffres de la Cour des comptes publiés en juin dernier. Sont concernés certains employés de la RATP, de la SNCF et d’industries électriques et gazières, qui bénéficient de « compensations et pas d’avantages », insiste Jean-Christophe Delprat, délégué syndicat SUD-RATP.

Conducteur de métro, il est en congé un week-end sur cinq, ses dimanches ne sont pas payés double et ses horaires sont très variables. « Quand on m’a recruté, on m’a présenté les contraintes que j’ai acceptées parce qu’assorties à des compensations. »

À quel âge peuvent-ils partir à la retraite ?

Théoriquement, l’âge légal de départ à la retraite, c’est-à-dire l’âge à partir duquel un travailleur peut prétendre à une pension, varie entre 50 ans et huit mois pour les conducteurs de la SNCF et certains agents de la RATP, et 60 ans et huit mois.

Ces seuils ont déjà été relevés par une réforme de 2010 amendée en 2011, qui prévoit de les porter à 52 et 62 ans d’ici à 2024 pour s’approcher du régime général, dont l’âge de départ est déjà fixé à 62 ans.
Et dans les faits ?

Pour toucher aujourd’hui une pension à taux plein, un salarié du privé doit travailler pendant 41 ans et demi soit 166 trimestres. D’ici à 2035, de façon progressive, ces chiffres passeront à 43 ans soit 172 trimestres. Les bénéficiaires des régimes spéciaux devront aussi se plier à ces changements, mais avec « cinq à huit générations de décalage », écrit la Cour des comptes.

En pratique, les salariés de la SNCF partent à la retraite entre 55 et 57 ans, et ceux de la RATP de 55 à 56 ans. En 2017, en moyenne, les salariés du régime général quittaient la vie active à 63 ans selon la juridiction financière.

Le syndicaliste ne fait pas la même lecture. « Nous partons effectivement à la retraite à 57 ans, mais les salariés du privé ne quittent pas réellement à 62 ans. Ils se retrouvent souvent au chômage ou en maladie avant cet âge-là et continuent à coûter à la collectivité. » Le taux d’emploi des 60-64 ans était en effet de seulement 29,2 % en 2017, selon un rapport de l'Insee.
Quel montant de pension ?

Le calcul des pensions est plus favorable pour les régimes spéciaux, puisqu’il ne se base non pas sur les salaires de 25 dernières années comme c’est le cas pour le régime général, mais sur les six derniers mois de carrière, sans tenir compte des primes des agents.

Un retraité de la RATP touche ainsi en moyenne 3 705 €, de la SNCF 2 636 €. Des montants sensiblement plus élevés que pour les retraités de la fonction publique civile qui gagnent 2 206 € en moyenne. Les pensions des deux sociétés sont 24 % plus élevées que celles des anciens salariés du secteur privé des transports.

La Cour des comptes estime que ces disparités s’expliquent en partie par des écarts de qualification.

Jean-Christophe Delprat conteste ce mode de calcul : « Si un agent de station part avec 1 700 €, il est content. »
Combien coûtent les régimes spéciaux ?

482 282 personnes bénéficient d’une retraite issue de ces régimes spéciaux, mais seulement 325 017 personnes contribuent à ce titre. Ainsi, les cotisations des salariés et entreprises ne représentent que 36 % du financement des retraites pour la SNCF et 41 % pour la RATP.

Ce déséquilibre démographique entraîne un surcoût pour la collectivité de 2,8 milliards d’euros, soit plus de la moitié des 5,5 milliards d’euros de contributions publiques, loin des 8 milliards évoqués par Gérald Darmanin. Le départ précoce à la retraite coûte, lui, 1,8 milliard d’euros à l’État.

« Le problème, c’est qu’on externalise de plus en plus de services, donc on enlève des cotisants et ensuite, on vient nous dire que notre caisse est déséquilibrée, relève, agacé, Jean-Christophe Delprat. Nos comptes seraient à l’équilibre si on recrutait. Sauf que les politiques cherchent à faire du kilomètre voyageur pas cher. »

Source : Camille Rivieccio, ouest-france.fr

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