France : Hauts revenus : ce que la réforme des retraites va changer

Les cadres gagnant plus de 10.000 euros par mois seront de fait incités à investir dans une retraite par capitalisation pour leur retraite.

Dans le futur régime présenté par le gouvernement, les plus hauts revenus ne cotiseront plus pour leur retraite personnelle au-delà de 120.000 euros de revenus par an. Le Figaro fait point sur ce que la réforme changera concrètement pour ces cadres.

Le même niveau de cotisation pour tout le monde

La séquence avait créé l'émoi sur les réseaux sociaux: début décembre, l'économiste Thomas Piketty expliquait sur France Inter qu'avec la réforme des retraites, les salariés gagnant moins de 10.000 euros par mois devraient cotiser à hauteur de 28%, là ou ceux qui gagneraient plus de 10.000 euros verseraient une cotisation à hauteur de 2,86%.

L'économiste a en réalité mal compris le projet de réforme. Tous les Français cotiseront au même taux au système de retraites: 28,12%. L'employeur en paie la majorité - 60% - reste donc 40% prélevés sur le salaire.

Les 2,86% évoqués par Thomas Piketty correspondent néanmoins à quelque chose : il s'agit de la part «non contributive» de la cotisation - de ces 28,12% de la rémunération, donc. La part non contributive n'ouvre pas de droit à la retraite au cotisant: elle sert au financement du système global et donc des solidarités.

Ces 2,86% ne correspondent donc aucunement à une différence du taux de cotisation, qui sera le même pour tous.
Au-delà de 10 000 euros par mois, on cotise pour les autres

Au-delà d'exactement 121.626 euros de revenus annuels, les cadres vont verser une part de 2,81% de leur salaire de manière «non contributive»: c'est-à-dire qu'elle n'ouvrira pas de droits à la retraite et n'est pas plafonnée.

Les cotisations non contributives vont servir à faciliter l'équilibre du système de retraites et à financer les dispositifs de solidarité comme par exemple le minimum vieillesse, les droits familiaux, les trimestres accordés durant les périodes d'inactivités, comme le chômage ou les arrêts maladie, ou encore les départs anticipés à la retraite pour les carrières pénibles.

Quelque 300.000 salariés, indépendants et fonctionnaires français touchent plus de 10 000 euros par mois, et seront donc concernés par cette mesure. Ils verront leurs revenus nets augmenter - mais aussi une baisse de leurs pensions de retraite.
Une réforme pour inciter à capitaliser?

Puisque les revenus supérieurs à 121.626 euros par an n'ouvriront plus de droits à la retraite, les cadres pourraient être incités à se tourner vers l'épargne retraite individuelle ou d'entreprise afin de ne pas voir leurs pensions s'effondrer.

C'est en cela que le gouvernement est soupçonné de faciliter le travail du fonds de pension BlackRock, qui s'était déjà félicité de la loi Pacte, promulguée en mai dernier. Cette dernière avait notamment pour ambition de développer la retraite par capitalisation, via des exonérations fiscales.

Le fonds américain BlackRock gère plus de 6000 milliards de dollars d'actifs et domine très largement le marché. Actuellement, seuls 130 milliards d'euros ont été collectés via des produits d'épargne retraite - un niveau «décevant par rapport à l’épargne déposée en liquidités (1500 milliards d'euros), les produits d'assurance-vie en euros (1600 milliards d'euros) ou les investissements directs/indirects en actifs non financiers (plus de 7600 milliards d'euros)», a écrit BlackRock dans une note en juin dernier. Un niveau qui pourrait donc augmenter si les Français à hauts revenus étaient incités à capitaliser davantage.

Source : Océane Herrero, lefigaro.fr

 

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