France : Réforme des retraites : quels principes et quels enjeux ?

Si la réforme des retraites fait tant peur, c'est parce qu'elle n'est ni claire ni entièrement comprise. Qui y gagnera ? Qui y perdra ? Difficile de répondre…

Le gouvernement a promis des réponses d'ici la fin de l'année sur la réforme des retraites, qui n'est pas claire pour tout le monde, et qui n'a d'ailleurs jamais été expliquée aux Français dans les détails.

Premier principe : tout le monde cotisera pour un système de retraite unique. Tout le monde accumulera des points pour sa retraite. Et ces points-là seront transformés, à la fin, en pension de retraite.

Deuxième principe : à chaque fois que vous travaillerez, votre compteur de points se déclenchera. Chaque euro cotisé vous permettra d’accumuler ces fameux points.

Combien vaudra ce fameux point qui suscite tant d'incompréhensions ? La proposition de base c’est 1 point est égal à 55 centimes. Ça pourra changer avec le temps, mais si on garde ce chiffre, à chaque fois que vous gagnerez un salaire, vos cotisations vous rapporteront 55 centimes + 55 centimes… etc. Et à la fin, si on prend l’exemple d’un salarié qui a gagné toute sa vie 1.800 euros net, sans s’arrêter, avec tous ses points accumulés, il touchera à la retraite, 1.260 euros par mois.

Qui est concerné ?

Tout le monde ne sera pas concerné par la réforme des retraites. Si vous êtes retraités ou proche de la retraite, rien ne changera. Après, si vous êtes à 5-10-15 ans de la retraite, attention, vous vous êtes en sursis. Les derniers arbitrages sont en cours pour savoir quelles seront les premières générations concernées par la réforme. Puis il y a ceux qui n'y couperont pas. S’il vous reste 15 ans de travail ou plus, là, vous pouvez sérieusement vous sentir concernés.

En quoi consistait la clause du grand-père, que le gouvernement a abandonné ? C'était l’option qui consistait à n’appliquer la réforme que pour les plus jeunes. Juste les futurs actifs. Les petits enfants, qui ne partiront à la retraite que dans 40 ans. Mais cette clause a été écartée.

Autre point qui fait grincer des dents : il faudra sans doute travailler plus longtemps. C'est encore flou, mais il est beaucoup question d’âge pivot, c’est-à-dire qu’en dessous de 64 ans vous perdrez un peu de retraite, au-dessus vous en gagnerez plus. Il va falloir attendre encore quelques jours pour savoir précisément ce qui va changer.

Est-ce la fin des régimes spéciaux ?

Cette réforme sonnerait la fin des régimes spéciaux. Mais qui concernent-ils ? Les fonctionnaires, les conducteurs de train, les agents hospitaliers, les égoutiers, par exemple, qui peuvent partir plus tôt que d’autres à la retraite. Dès 52 ou 57 ans pour certains. Ce sont des droits dans ces métiers du public, qu’ils ont toujours connu et que le gouvernement veut changer.

Le but de cette réforme est d’avoir les mêmes règles dans le public que pour les salariés du privé, donc le même âge de départ à la retraite. Forcément, ça ne plait pas du tout aux principaux intéressés qui participeront en masse aux mobilisations de demain.

Mais ceux qui bénéficient de régimes spéciaux ne sont pas les seuls à s'inquiéter pour leurs vieux jours. Ce dossier très technique avec énormément de détails qui peuvent soit devenir de vraies avancées, soit se transformer en cauchemar à la retraite pour les personnes concernées. C’est pour cela que les cadres supérieurs s’inquiètent, les professions libérales, ou certaines associations de familles.
Les mères de famille perdantes ?

Un exemple : celui des droits familiaux, qui vont changer avec la réforme. Quand une femme aura des enfants, au lieu de n'avoir un bonus qu'au troisième enfant, elle gagnera 5% de pension en plus dès le premier enfant. Mais dans le même temps, elle n'aura plus un droit qui existe aujourd'hui : des trimestres pour partir plus tôt à la retraite. Soit vous dites que les femmes y gagnent de l'argent, soit vous dites qu'elles y perdent des droits à la retraite.

Malgré toute la bonne volonté de Jean-Paul Delevoye pour expliquer que ce sera une bonne mesure, la vérité, c’est qu’aujourd’hui le haut-commissaire ne peut pas prouver que personne n’y perdra. Et quand c’est flou, ça crée de l’angoisse.

Source : Anaïs Bouissou, rtl.fr

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