France : Retraites: combien coûtent les ex-présidents de la République à l'État français?

On sort la calculette...

 Emmanuel Macron a annoncé renoncer à la pension de retraite prévue pour les anciens présidents, et au droit de siéger au Conseil constitutionnel.

Une décision qui fera date. Emmanuel Macron est le premier chef de l'État à renoncer à sa future retraite d'ancien président de la République. Le plus jeune titulaire du poste a également annoncé qu'il ne siégerait pas au Conseil constitutionnel, dont les anciens présidents sont membres de droit à vie. L'Express fait le point sur les avantages dont bénéficient ses prédécesseurs.

Les trois anciens présidents de la République - Valéry Giscard d'Estaing, Nicolas Sarkozy et François Hollande - profitent après leur départ du palais d'avantages matériels et humains à vie pris en charge par l'État. Un ancien président touche une retraite équivalente à celle d'un conseiller d'État ordinaire, soit 6220 euros bruts mensuels, qui s'ajoutent aux éventuels salaires et pensions auxquels il a droit pour ses activités professionnelles autres que la présidence. S'il décide de siéger au Conseil constitutionnel, comme il en a le droit, il touche en plus 13 500 euros par mois.
Les avantages en nature, le gros de la facture

La majorité du "coût" d'un ancien président pour les caisses publiques provient des divers avantages "en nature" : deux fonctionnaires de la police nationale sont mis à la disposition permanente des ex-chefs de l'État français pour assurer leur protection rapprochée (ils peuvent refuser). Ils disposent chacun d'un appartement de fonction meublé et équipé, dont la maintenance et les charges, y compris le téléphone, sont assumées par l'État, et deux employés sont affectées au service de cet appartement. 

En outre, l'État prend en charge sept collaborateurs permanents (chef de cabinet, assistants, secrétaires, etc). Et leur conjoint peut bénéficier d'un collaborateur "pour leur secrétariat personnel, à leur demande". Parmi les autres privilèges accordés par leurs CV, les anciens chefs de l'État disposent d'une voiture de fonction avec deux chauffeurs. 

Ils peuvent voyager gratuitement autant qu'ils le souhaitent sur Air France et avec la SNCF. Quand ils sont à l'étranger, ils peuvent loger dans les résidences de l'ambassadeur ou des consuls, et quand ils se déplacent sur le territoire national, ils peuvent aller en préfecture ou sous-préfecture.

Ils peuvent voyager gratuitement autant qu'ils le souhaitent sur Air France et avec la SNCF. Quand ils sont à l'étranger, ils peuvent loger dans les résidences de l'ambassadeur ou des consuls, et quand ils se déplacent sur le territoire national, ils peuvent aller en préfecture ou sous-préfecture.

En mai 2018, dans un sujet de BFMTV sur sa vie d'ex-président, Hollande indiquait avoir six collaborateurs, un maître d'hôtel et un cuisinier attribués pendant trois ans, et un appartement de fonction de 300 mètres carrés. Selon René Dosière, en 2018, ces dépenses hors sécurité ont coûté 804 377 euros.

    Nicolas Sarkozy

Comme son successeur, Nicolas Sarkozy ne touche pas non plus l'indemnité du Conseil constitutionnel, puisqu'il en a démissionné en 2013, à la suite de l'invalidation par cette instance de ses comptes de campagne pour l'élection présidentielle de 2012. Selon Challenges, le cumul des pensions liées aux différents mandats qu'il a exercés, présidence de la République comprise, assurent au vainqueur de l'élection de 2007 un revenu de 10 000 euros mensuels.  

Parmi les avantages en nature, l'État lui fournit un appartement de 320 mètres carrés, "composé de 11 pièces, dont une salle classée monument historique, avec des peintures datant du XIXe siècle", décrit le magazine. Selon Mediapart, le loyer mensuel était en 2013 de 16 341 euros.  

Depuis son départ de l'Elysée, il dispose "d'un directeur de cabinet, d'une conseillère diplomatique, d'une chargée de la communication, de deux secrétaires, d'un intendant", deux fonctionnaires de police pour sa sécurité, une voiture de fonction avec chauffeur, et d'une équipe de gendarmes pour la surveillance de son domicile personnel, l'hôtel particulier de sa femme Carla Bruni-Sarkozy. Selon René Dosière, en 2018, ces dépenses hors sécurité ont coûté 827 891 euros.

    Valéry Giscard d'Estaing

Valéry Giscard d'Estaing est évidemment celui qui a le plus coûté à l'Etat en cumul, puisqu'il a été élu en 1974 et perçoit sa pension d'ancien président depuis 1981. Il occupe notamment depuis plus de trente ans "de splendides locaux" boulevard Saint-Germain à Paris, indique Challenges. Toujours selon René Dosière, en 2018, il a coûté hors sécurité 710 439 euros aux caisses publiques.

En 2015, La Tribune rapportait que la résidence privée de Giscard d'Estaing à Authon (Loir-et-Cher) mobilisait quinze gendarmes à temps plein, pour un coût annuel de 1,1 million d'euros. En outre, le président accordéoniste tient à sa disposition deux sous-officiers de l'armée de terre, et trois sous-officiers de la marine pour un coût total de 287 000 euros.

"Giscard" est le seul des ex-présidents à siéger au Conseil constitutionnel. Il touche donc l'indemnité mensuelle de 13 500 euros, outre sa pension de retraite de 6220 euros bruts par mois. S'y ajoute aussi une pension modeste pour son ancienne fonction de président du conseil régionale d'Auvergne de 1986 à 2004.

Source : Olivier Philippe-Viela, lexpress.fr

Tag(s) : #France

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