France : Retraites: Philippe garde le cap de l’âge pivot

Le premier ministre a fait quelques ouvertures mais maintient son projet de réforme. La CGT et FO appellent à une mobilisation nationale le 9 janvier.

Statu quo. Alors que la mobilisation est entrée jeudi dans sa troisième semaine, que les difficultés continuent pour les usagers de la RATP et de la SNCF, et que seulement 41 % des TGV et Intercités sont garantis pour Noël, le premier ministre a organisé jeudi après-midi une nouvelle réunion avec les partenaires sociaux pour avancer sur le dossier miné de la réforme des retraites.
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À la sortie de la réunion, selon les dires des syndicats et du patronat, Édouard Philippe leur a confirmé conserver le canevas global de son projet mais s’est dit prêt à accepter des aménagements sur quatre points: la pénibilité, le minimum de pension, la retraite progressive et les transitions en fin de carrière, ainsi que les moyens de garantir l’équilibre financier du système. Un nouveau cycle de réunions sur ces points précis sera organisé en janvier. En revanche, le premier ministre est resté ferme sur la fixation d’un âge pivot à 64 ans en 2027, comme annoncé le 11 décembre lors de son discours au CESE.

Déception du côté des syndicats opposés à la réforme et qui continuent à demander son retrait pur et simple. «Pas de scoop. Il n’y a rien de changé si ce n’est un programme de réunions en janvier. Le premier ministre n’a pas entendu la rue», a indiqué Philippe Martinez qui, par conséquent, a annoncé une nouvelle journée d’action nationale interprofessionnelle le 9 janvier prochain. «Nous avons très peu avancé, nous n’avons eu aucune réponse. Le gouvernement a accepté de réfléchir à l’ouverture de nouveaux droits, mais en posant comme condition à chaque fois de trouver les moyens de maintenir l’équilibre financier», a indiqué Yves Veyrier (FO), qui appelle lui aussi à la poursuite de la mobilisation.

Du côté des syndicats réformistes, le ton est plus apaisé. «Le premier ministre a montré une volonté de dialogue sur le minimum contributif, la retraite progressive. Il y a quelques ouvertures sur la pénibilité mais qui ne répondent pas à nos attentes. Mais sur le point qui fâche, il y a un désaccord sur l’âge d’équilibre, a indiqué Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT. D’ici là, il y aura une trêve des réunions, on reviendra en janvier». Le leader réformiste a toutefois ajouté que sa centrale n’appellerait pas à la mobilisation et à la grève le 9 janvier.

Quant au patronat, il s’est montré plutôt serein. «Nous avons discuté dans un climat apaisé, d’écoute. Les propositions du premier ministre peuvent être discutées, y compris sur la pénibilité sur le travail de nuit et le travail en trois huit, a indiqué Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef, tout en soulignant qu’il y a clairement un besoin de financement du régime. Nous avons redit que pour nous la ligne rouge c’était les cotisations et les réserves et que nous étions prêts à discuter des modalités.»

Signe de détente à la sortie de la réunion, l’Unsa ferroviaire - qui était représenté autour de la table par Laurent Escure, le secrétaire général de l’Unsa au niveau national, et est le deuxième syndicat représentatif à la SNCF - a appelé à «une pause dans le conflit». À l’inverse, la CGT-cheminots, le numéro un, a confirmé de son côté que «la grève continue». Il devrait donc y avoir une amélioration à Noël mais pas d’arrêt du blocage dans les transports publics. À 19 h 30, la RATP ne s’était pas exprimée…

L’urgence pour Édouard Philippe est de régler deux points durs: la RATP et la SNCF. Et dans une moindre mesure EDF, où des coupures sauvages de courant sont intervenues ces derniers jours. Il y a aussi les enseignants, mais les vacances scolaires commencent ce vendredi, ce qui lui donne un peu de répit pour quinze jours.

Sur les régimes spéciaux - qui ne concernent que 3 % de la population active -, le gouvernement maintient leur suppression mais serait prêt à accepter quelques aménagements, du moment qu’ils ne dénaturent pas l’esprit de la réforme. Des discussions sont en cours à la SNCF, la RATP, EDF et les industries électriques et gazières. L’objectif est d’assurer aux salariés de ces entreprises qu’ils ne subiront pas de baisse de pension et conserveront, d’une manière ou d’une autre, une pension égale aux 75 % des six derniers mois de traitement qu’ils pouvaient espérer sans la réforme. Pour y parvenir, des mesures techniques sont à l’étude comme l’intégration de primes dans l’assiette de rémunération qui sert au calcul des pensions, ce qui n’était pas le cas jusqu’alors. L’objectif est aussi de lisser dans le temps la hausse de leur taux de cotisation, pour limiter la perte de pouvoir d’achat.

Source : Marie Cécile Renault, lefigaro.fr

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