France : Retraites: pourquoi le gouvernement ne veut pas augmenter les cotisations

L’exécutif semble fermer la porte à cette suggestion de Laurent Berger (CFDT), qui va à l’encontre de la politique économique et sociale menée ces dernières années.

En cette 3e journée interprofessionnelle de mobilisation, il y a un point au moins qui semble clair: le gouvernement ne veut pas augmenter les cotisations pour rééquilibrer financièrement le système de retraites. «Nous ne sommes pas favorables à ça, a affirmé le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, sur RMC. Une augmentation de cotisations, c’est moins de pouvoir d’achat pour les salariés et plus de charges pour les patrons, ça tuerait l’économie».

Une manière d’écarter (plus ou moins) le scénario mis sur la table une nouvelle fois par le leader de la CFDT, Laurent Berger, le matin même dans La Croix. Celui qui ne veut pas entendre parler de l’introduction d’un âge d'équilibre relève qu’il y a «d’autres solutions de court terme, une hausse des cotisations, par exemple. Pourquoi est-ce tabou d’en parler, alors qu’il paraît tellement évident de demander à ceux qui ont rempli leur contrat de travailler plus longtemps?»

Si le gouvernement est réticent à cette option, c’est non seulement parce qu’elle est difficile à vendre politiquement. Mais aussi parce que cela irait à l’encontre de la politique économique et sociale menée depuis maintenant plus de 5 ans, et qui porte aujourd’hui ses fruits.

Pour baisser les charges des entreprises et augmenter ainsi leur compétitivité, François Hollande avait décidé la mise en place d’un Crédit d’impôt compétitivité et emploi (CICE) pour les salaires allant jusqu’à 2,5 smic dès 2013, puis une nouvelle baisse des charges pour les salaires compris entre 1,6 et 3,5 smic en 2016.

Augmentation nette sur les fiches de paie

Emmanuel Macron -qui avait poussé cette politique en tant que secrétaire général adjoint de l’Élysée puis comme ministre de l’Économie- avait poursuivi l’effort en arrivant à l'Élysée, le CICE ayant été transformé en baisse de cotisation pérenne pour les entreprises. Et le 1er octobre 2019, s’y ajoutait une augmentation d’environ 4 points du barème des allégements sur les cotisations patronales au niveau du smic.

Et les ménages n’ont pas été en reste. Pour compenser la hausse de 1,7 point de la CSG décidée en début de mandat, Emmanuel Macron avait décidé d’augmenter le pouvoir d’achat des salariés en réduisant leurs charges. L’opération s’était faite en deux fois: en janvier 2018, les cotisations chômage avaient déjà été diminuées de 1,45 point et la cotisation maladie de 0,75% avait disparu. Puis, en octobre, les cotisations chômage avaient été totalement supprimées. Ce qui avait permis une augmentation nette sur les fiches de paie (améliorée encore par la suite avec les mesures d’urgence suite au mouvement des «Gilets jaunes»).

Le résultat est aujourd’hui dans les chiffres: 1 million d’emplois ont été créés depuis début 2015 et le pouvoir d’achat des ménages devrait continuer à augmenter l’an prochain, de 2% en moyenne selon la banque de France.

Bref, autant dire que le gouvernement n’a pas franchement envie de revenir en arrière...

Source  : Marie Visot, lefigaro.fr

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