France : Travail des seniors : de moins en moins jusqu’à la retraite

Selon une étude de la Direccte, le taux d’activité des seniors décroît rapidement à partir de 59 ans. Un peu plus de 10 % seulement demeurent dans la course à 64 ans, futur âge pivot proposé pour une retraite pleine.

Attention turbulences, si l’on constate un vieillissement global, avec un taux d’emploi de 54 % de salariés de plus de 50 ans parmi la population en âge de travailler, « le taux d’activité des seniors (N.D.L.R. en emploi ou au chômage) décroît rapidement à partir de 59 ans », constate la Direccte dans une étude récemment publiée. De 70 % à 59 ans, il n’est plus que de 47 % à 60 ans en Bourgogne Franche-Comté et ne fait que frôler les 20 % à 62 ans, l’âge légal de départ à la retraite. Ils ne sont enfin plus que 10 % à peine à atteindre 64 ans, le fameux âge pivot proposé dans la réforme des retraites de Jean-Paul Delevoye.

Néanmoins, la Direccte constate qu’entre 2011 et 2016, la part des personnes actives au-delà de 50 ans a considérablement évolué pour atteindre + 77 % à 61 ans avant de retomber brutalement aux alentours de 35 % de 62 à 64 ans. Ce qui se traduit également par « davantage de mouvements sur le marché du travail ». Ainsi, la part des 50 ans et plus entrants et sortants sur le marché du travail passe de 15 % en 2014, à 21 % en 2017, tandis que la part des salariés de la même tranche d’âge évolue de 3 % seulement, de 26 à 29 %, entre 2011 et 2016.
Plus sujets au licenciement

Pour autant, si les seniors en emploi sont à 92 % en CDI contre 60 % pour les moins de 30 ans, « ceux nouvellement embauchés occupent souvent des contrats précaires de courte durée ». Le taux est alors de 90 %, dont 89 % pour des CDD inférieurs à 1 mois (en hausse de 4 et 7 points) pour les seniors contre 85 % et 76 % (en baisse de 1 point) pour les moins de 30 ans. Les 50 ans et plus sont également plus sujets au licenciement. Les ruptures de contrat de travail sont dues à 34 % à un licenciement économique ou autre chez les seniors, taux montant à 39 % à partir de 55 ans contre 22 % toutes classes d’âge confondues.

Ainsi, en 2017, « 26 % des personnes licenciées pour un motif économique avaient entre 57 et 60 ans », constate la Direccte. À titre indicatif, dans la même tranche d’âge, les ruptures conventionnelles ne pèsent que 8 %. Enfin, si, jusqu’en 2008, la courbe du chômage des seniors suivait celle de l’ensemble de la population, elle s’est désormais très nettement détachée vers le haut pour atteindre près du double, phénomène aggravé par la suppression, en 2012, de la dispense de recherche d’emploi. De fait, la durée de chômage s’allonge pour les seniors pour dépasser les 40 % au-delà de 3 ans, contre 33 % pour l’ensemble des classes d’âge. En 2017, 21 % des recrutements ont concerné un senior et seulement 10 % l’ont été en CDI, donc.

Source : F.J, estrepunlicain.fr

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