Suisse : Le 3e pilier: toujours moins cher et de plus en plus incontournable

Souvent les Suisses se désintéressent de la gestion de leur prévoyance individuelle, sans doute parce que la Suisse est dotée d’un système de prévoyance vieillesse solide. C’est toujours le cas, mais la situation se dégrade à grande vitesse. Les régimes de retraite en Suisse sont sous pression.

Ces dernières années, les prestations du 2e pilier ont diminué de 11%. En 2010, un retraité pouvait toucher une rente équivalent à 80% de son dernier revenu contre 69% en 2018. Une récente étude de Swisscanto signale d'énormes lacunes dans les prestations de prévoyance du 2e pilier. Sans aucune contre-mesure, le futur retraité devra se contenter sur 40 ans d'une pension inférieure de 27,9% à celle qu'il aurait perçue avec un régime de retraite il y a dix ans. Cela pourrait se traduire par une baisse du niveau de vie d’une part croissante des retraités.

Deux causes principales expliquent cette détérioration : le vieillissement démographique qui fait exploser le nombre de retraités et le recul des rendements des placements qui provoque la baisse du taux de conversion. Celui-ci culmine actuellement à 6,8%. Il pourrait tomber à 5,5% d'ici à 2023, et continuer de baisser par la suite. En supposant que le taux d'intérêt technique se situe effectivement autour de 2%, le taux de conversion actuariellement correct serait de 4,9%.

Les caisses de pensions ont initié les premières contre-mesures afin d’enrayer cette tendance à la baisse, mais leurs résultats ne permettent pas de combler l’écart de performance du 2e pilier. Le niveau des rentes pourrait donc continuer de reculer massivement. C'est pourquoi, en 1985 déjà, la Confédération a mis en place un 3e pilier de prévoyance, fondé sur l'épargne personnelle et doté d'avantages fiscaux, avec pour objectif d'encourager ceux qui le souhaitent d’épargner davantage pour leur retraite afin de maintenir leur niveau de vie antérieur.

Déjà plus de 3 millions d’actifs en Suisse contribuent régulièrement à leur compte 3e pilier. Cependant, les salariés - en particulier les employés à temps partiel – y ont trop peu recours. En général, la personne a le choix entre une couverture en cas de décès ou d’invalidité, un produit d’assurance, ou la constitution d’un capital pour la retraite, un produit bancaire.

Si 60% des Suisses possèdent une solution de prévoyance, seulement 20% ont investi en titres. Pourtant, la solution la moins coûteuse consiste en une contribution d'épargne annuelle de 1000 francs en titres, notamment en actions. Avec les produit d’assurance, la contribution d'épargne est nettement plus élevée à 1895 frs par an. En comparaison historique, le rendement des placements en action est nettement supérieur, plus de 3%, à celui des comptes d'épargne traditionnels. C'est aussi parce que cette épargne est généralement investie sur une longue période et que l'effet des intérêts composés joue un rôle important.

Le 3e pilier pourrait acquérir une importance croissante à l'avenir, si, par exemple, la loi autorisait les rachats d'années de cotisation manquées, comme pour le 1er et le 2e pilier. Une motion dans ce sens a été approuvée par le Conseil des États et transférée aux Commissions de sécurité sociale et de santé du Conseil national et du Conseil des États.

L'innovation sera également nécessaire pour faciliter une gestion personnelle du 3e pilier. Bientôt, des solutions numériques simples permettront aux épargnants de gérer leur portefeuille facilement et à moindre coût.

Source : lematin.ch

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