France : Départ à la retraite : les astuces pour limiter l’impôt sur votre prime

La perception d’une indemnité de départ au moment du passage à la retraite peut faire exploser votre imposition. Mais plusieurs solutions permettent d’adoucir considérablement la note fiscale. Explications.

Si vous partez à la retraite cette année, vous allez probablement toucher une indemnité de départ. Une prime fiscalisée, sauf si votre mise à la retraite est à l’initiative de votre employeur (minimum 70 ans). Il s’agit souvent d’une somme assez rondelette et, passée la satisfaction de recevoir ce petit pactole, doit se poser la question de l’imposition de ce montant, qui vient faire grimper votre revenu imposable. Jusqu’en 2019, les primes de départ à la retraite pouvaient bénéficier du mécanisme de l’étalement, un système avantageux puisque permettant de lisser la hausse d’impôt en étalant la déclaration du montant perçu sur quatre années. Mais cette possibilité a été supprimée par la loi de finances pour 2020 et les néo-retraités, s’ils n’agissent pas, pourraient voir une grande partie de leur prime mangée par l’impôt sur le revenu. Si vous êtes concerné, pas de panique, vous n’êtes pas désarmé pour autant.

Le mécanisme du quotient

Premier réflexe à avoir pour limiter la note fiscale : prévoir de partir à la retraite au plus tôt dans l’année civile. L’imposition étant calculée sur une année pleine, partir au 1er janvier par exemple permet d'additionner votre prime à des revenus minorés puisque votre pension de retraite sera logiquement inférieure à vos revenus professionnels. L’imposition globale de votre prime sera logiquement diminuée avec une tranche marginale d’imposition potentiellement inférieure. Attention, ce départ anticipé peut avoir des incidences sur le calcul de votre retraite, il faut alors bien en mesurer les éventuelles incidences.

Vous pouvez ensuite avoir recours au système du quotient pour baisser votre imposition. Ce mécanisme consiste à calculer le supplément d’impôt induit par un revenu exceptionnel sur le quart de la somme en question, ce supplément étant par la suite multiplié par 4 pour être additionné à l’impôt. Quel en est l’intérêt ? Limiter l'impact fiscal en atténuant la progressivité de l’impôt sur le revenu. Pour comprendre l’impact du quotient, nous avons demandé à Florent Belon, responsable de l’ingénierie patrimoniale chez Olifan Group, de réaliser une simulation sur la base d’un couple marié disposant d’un revenu imposable de 60.000 euros et dont un des membres part à la retraite en 2020, empochant au passage une prime de 16.000 euros. Sans recourir au quotient, l’impôt sur le revenu (IR) 2020 grimpe à 8.808 euros, contre 4.742 euros si la prime n’avait pas été reçue. En calculant l’IR sur 64.000 euros (60.000 + 16.000 / 4), il atteint 5.568 euros, soit un supplément d’impôt de 826 euros (5.568 - 4.742). C’est ce même supplément d’impôt multiplié par 4 qu’il faut ajouter à l’impôt calculé sans la prime pour obtenir l’IR issu du système du quotient, soit 826 x 4 + 4.742 = 8.046 euros. Le gain obtenu avec le quotient s’affiche alors à 762 euros (8.808 - 8.046).

Comment profiter concrètement du quotient ? Dans votre déclaration de revenus, il suffit d’indiquer le montant de l’indemnité en case 0XX de la déclaration annexe 2042C tout en veillant à soustraire cette somme aux revenus pré-remplis dans votre déclaration

Réduire ses revenus imposables

L’avantage du système du quotient ne se dément pas mais il est possible de faire beaucoup mieux en le couplant à la déduction fiscale octroyée par l’épargne retraite. Une faculté permise pour les salariés, “avec le plan d’épargne retraite populaire (Perp) et le plan d’épargne retraite (PER)”, détaille Florent Belon.

Dans la limite de 10% des revenus professionnels personnels de l’année précédente (2019 pour un versement en 2020) et un maximum de 32.419,20 euros en 2020 (minimum de 4.052 euros si supérieur à 10% des revenus), il est possible de déduire les montants versés sur un Perp ou un PER du revenu imposable. Florent Belon ajoute une précision de taille : “Ce plafond d’épargne retraite peut être mutualisé pour un couple marié ou pacsé. Plus généralement, il peut être augmenté du solde non utilisé des trois dernières années.”

En conservant l’exemple du couple marié dont l’un des membres part à retraite, si ce dernier verse 5.000 euros sur son plan, l’impôt calculé sur les revenus ordinaires sera réduit à 4.042 euros, contre 4.742 euros sans déduction. En appliquant le mécanisme du quotient, il en ressort un impôt de 4.546 euros, soit un supplément de 504 euros (4.546 - 4.042). Pour obtenir l’impôt final, il faut encore multiplier ce supplément par 4 et l’ajouter à l’impôt sur le revenu, soit 4 x 504 + 4.042 euros = 6.058 euros. Le gain se monte alors à 1.988 euros (8.046 - 6.058) par rapport à l’IR calculé avec le quotient seul et à… 2.750 euros (8.808 - 6.058) par rapport à l’impôt sur le revenu obtenu sans quotient ni déduction sur un plan d’épargne retraite.

Plus globalement, percevoir une prime de départ à la retraite de 16.000 euros induit dans notre exemple un supplément d’impôt limité à 1.316 euros (6.058 - 4.742), contre 4.066 euros (8.808 - 4.742) normalement. Traduction : l’économie d’impôt atteint 67,6% ((4.066 - 1.316) / 4.066) ! Selon Olifan Group, l’avantage fiscal peut grimper à 87% si le néo-retraité est situé dans la tranche marginale d’imposition (TMI) de 11%, 74% pour une TMI de 30% et 66% pour une TMI de 41%.

Source : Thibaut Lamy, capital.fr

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