France : Retraites : la conférence de financement se penche sur le chiffrage des mesures

Une nouvelle réunion de la conférence de financement se tient ce mardi, sans FO et la CGT qui ont claqué la porte. Le patronat et les syndicats présents (CFDT, CFTC, Unsa et CGC) vont se pencher sur les chiffrages et précisions demandés.

Elle était au centre de l'actualité, déchaînant les passions. Le coronavirus a fait passer la réforme des retraites sous les radars. Face à l'épidémie, les syndicats opposés au projet du gouvernement - CGT, Force ouvrière, CGC, FSU et solidaires - ont estimé lundi dans un communiqué commun que « l'urgence n'est pas la retraite par points ».

Mais après son adoption sans vote en première lecture à l'Assemblée grâce à l'article 49.3 de la Constitution, le projet de loi poursuit pourtant son parcours. Avec en parallèle de l'examen parlementaire, la conférence de financement installée par le Premier ministre, Edouard Philippe, le 30 janvier et qui s'est déjà réunie une première fois le 18 février.

Contre-conférence

Patronat et syndicats ont de nouveau rendez-vous ce mardi avec Jean-Jacques Marette, l'ancien directeur de l'Agirc-Arrco, qui préside la conférence. La réunion ne fera cependant pas le plein. Force ouvrière et la CGT ont claqué la porte après le courrier envoyé aux partenaires sociaux par Edouard Philippe lors de l'annonce de l'utilisation du 49.3. Il y affirmait que les partenaires sociaux devraient démontrer leur capacité à « assurer l'équilibre financier de notre système de retraite dans les prochaines années » sinon, il prendrait ses responsabilités. La CGC, si elle co-organisera la contre-conférence organisée par les deux syndicats le 24 mars, a décidé, elle, de continuer à participer aux discussions au ministère des Solidarités avec la CFDT, la CFTC et l'Unsa, ainsi que le Medef, la CPME et l'U2P.

Le rendez-vous de ce mardi s'annonce studieux. Chacun des participants a en effet présenté sa « liste de courses » à Jean-Jacques Marette et attend des données chiffrées. Il y a plusieurs sujets : « D'où vient le déficit et quel cocktail de mesures ? », résume un participant.
Pas encore le « money time »

Du côté de la CFDT, on a demandé beaucoup de précisions sur le déficit, notamment, l'impact de la correction de l'espérance de vie, sur laquelle le projet gouvernemental est jugé très optimiste, ou encore quels sont les effets redistributifs des différentes mesures ainsi que les impacts financiers collatéraux notamment sur les autres régimes sociaux. Quelles seront les conséquences du gel du point d'indice de la fonction publique ou encore que rapporterait de relever la cotisation sur les plus hauts salaires, figurent parmi les interrogations de l'Unsa.

Une autre réunion est prévue dès jeudi dans le cadre de l'autre groupe de travail de la conférence, sur la gouvernance . Le sujet ne sera pas celui de savoir qui va piloter le futur régime - une question qui sera au coeur d'une rencontre des cinq leaders syndicaux confédéraux et des trois leaders patronaux, le 19 mars, à l'initiative de FO. On y parlera finances aussi, puisqu'il s'agira de distinguer ce qui relève du « non-contributif » (en clair de la solidarité) et du contributif (les cotisations produisant des droits) et qui les finance. « On n'est pas encore dans le « money time » », commente un syndicaliste.

« De toute façon, rien ne devrait bouger avant les municipalesqui donneront les termes du rapport de force en fonction des résultats de la majorité présidentielle », estime un observateur parlementaire. Cela tombe bien, les deux prochains rendez-vous sont programmés pour les 24 et 26 mars.

Source : Leïla de Comarmond, lesechos.fr

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