France : Retraites complémentaires du privé : la situation financière se tend

Sa trésorerie étant quasiment à sec, l’Agirc-Arrco sollicite une avance de 8 milliards d’euros pour payer les pensions de juin et juillet. Les administrateurs du régime assurent qu’« il n’y a pas péril en la demeure ».

La situation financière de l’Agirc-Arrco, le régime de retraite complémentaire des salariés du privé, se complique. En raison de la crise sanitaire, l’organisme paritaire cogéré par le patronat et les syndicats a demandé au gouvernement de pouvoir obtenir un prêt de l’ordre de 8 milliards d’euros afin d’honorer le paiement des pensions pour les prochaines échéances de juin et de juillet.

Dans un courrier daté du mercredi 6 mai, que Le Monde a pu consulter, le président (CFDT) de l’Agirc-Arrco, Jean-Claude Barboul, et son vice-président (Medef), Didier Weckner, adressent cette requête au ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin.
Un besoin de 8 milliards d’euros

Pour justifier leur démarche, ils font valoir les incidences des dispositions prises par le gouvernement pour éviter la multiplication des défaillances d’entreprises : report de cotisations sociales et déploiement massif du chômage partiel – un dispositif où les indemnités versées sont exonérées de prélèvements pour les retraites.
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Dès le mois de mars, ces mesures ont entraîné une baisse des recettes du régime, engendrant « d’importants besoins complémentaires de financement » pour les mois suivants. M. Barboul et M. Weckner, qui rappellent que la caisse verse chaque mois 7 milliards d’euros de pensions complémentaires, expliquent qu’après le règlement des sommes dues pour mai, l’Agirc-Arrco « aura (…) mobilisé quasiment la totalité de sa réserve de trésorerie ». « Pour les deux échéances suivantes, de début juin et début juillet, le besoin complémentaire global de financement est estimé à 8 milliards d’euros », indiquent-ils.

Pour faire face aux chocs, l’Agirc-Arrco dispose, certes, de réserves financières importantes : elles s’élevaient à 65 milliards d’euros en 2019. Mais M. Barboul et M. Weckner estiment qu’il n’est pas opportun de les utiliser en ce moment.

Source : Bertrand Bissuel et Raphaëlle Besse Desmoulières, lemonde.fr

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