Pleine Vie

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Les députés Lionel Causse et Nicolas Turquois vont passer l'été sur un dossier sensible : l'augmentation potentielle des plus petites pensions de retraite. Pourquoi et comment ? Explications.

Si l'exécutif a repoussé les discussions sur la réforme des retraites suite à la crise sanitaire, toutes les réflexions sur les pensions n'ont pas été suspendues. Mandatés par Edouard Philippe avant son départ de Matignon, les députés Nicolas Turquois (Modem) et Lionel Causse (LREM) planchent d'ores et déjà sur de nouvelles solutions pour augmenter les petites retraites. Et remettre en question, donc, les systèmes existants, comme le MICO (ou minimum contributif).

Des incohérences dans le viseur

Mis en place pour assurer un montant minimum à tous les anciens actifs du privé pouvant prétendre à une retraite à taux plein mais ayant cotisés sur de petits montants, le MICO présente en effet certaines limites. "Le MICO, surtout si vous avez eu plusieurs activités, est très difficile à calculer et les critères diffèrent d'un régime à l'autre ce qui ne le rend pas toujours compréhensible" explique ainsi Nicolas Turquois.

Une opacité d'autant plus problématique qu'elle peut mener à certaines erreurs, notamment dans le cas des retraités touchant des pensions de différents régimes : "[Ils peuvent] alors se retrouver avec des rappels d'impôt importants, ce qui peut poser des problèmes lorsque vous avez de faibles ressources" poursuit le député de la Vienne.

Autre souci : le peu d'écart parfois observé entre le minimum vieillesse de l'Aspa (Allocation de Solidarité aux Personnes Âgées) et le premier niveau de retraite : "Parfois, il existe des situations où le minimum de pension est inférieur à L'Aspa alors qu'il s'agit d'une personne qui a cotisé toute sa vie" s'inquiète Lionel Causse. "Il faut donc réfléchir à la façon dont on peut éviter ces situations". Une réflexion qui devra aussi prendre en compte le problème de remboursement des sommes de l'Aspa, conçues comme des avances à rembourser lors de la succession pour les actifs successoraux supérieurs à 39.000 euros : "Certaines personnes ne demandent pas l'Aspa car elles craignent la récupération sur succession sans savoir qu'il existe des planchers. C'est un frein psychologique".

Toutes les petites retraites ne seront pas concernées

Qu'il s'agisse d'indépendants, d'actifs interrompus par la crise ou de personnes ayant arrêté de travailler pour élever des enfants, les solutions en cours d'élaboration seront vraisemblablement destinées, en premier lieu, à tous les retraités ayant eu des carrières hachées. Mais pas seulement : "On peut penser principalement aux agriculteurs, qui, malgré l'assurance en 2022 de percevoir une pension atteignant au minimum 85% du Smic, perçoivent des revenus faibles". note Nicolas Turquois.

Seulement, au regard du contexte actuel (le déficit des retraites est chiffré à 30 milliards d'euros en 2020), des augmentations pour toutes les petites retraites sont aujourd'hui inenvisageables : "C'est sûr, nous ne pourrons pas proposer de mettre tous les retraités, qu'ils aient cotisés ou non toute leur vie, à un minimum de pension à 1000 euros" estime Lionel Causse. "Il faut bien définir ceux qui en auront le plus besoin et fixer des conditions".

Rendez-vous à la rentrée, donc, pour en savoir plus, les députés devant soumettre le fruit de leurs réflexions au Premier ministre en septembre.

Source : pleinevie.fr

Tag(s) : #France

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