Aurélie Blondel, Le Monde

Aurélie Blondel, Le Monde

Quelques dizaines de milliers de retraités pourraient voir leur pension diminuer ou augmenter à l’automne. Le point sur les montants en jeu et les personnes concernées.

Revalorisation des pensions, acte II… Habituellement, les pensions de retraite de base sont revues une fois l’an, le 1er janvier. Cette année, c’est toutefois (beaucoup) plus compliqué.

Certes, les pensions ont bien été revalorisées en tout début d’année.

L’idée était de compenser l’inflation, en relevant les retraites de 1 %, pour les plus modestes uniquement, ceux touchant mensuellement 2 000 euros de pension brut maximum (toutes pensions comprises, de base et complémentaires). Et d’appliquer un taux de hausse réduit, 0,3 %, aux autres. Un mécanisme de lissage a cependant été imaginé entre 2 000 et 2 014 euros de pensions brut, avec des taux de revalorisation intermédiaires de 0,4 %, 0,6 % et 0,8 %.
Un mécanisme difficilement lisible

Tout ceci étant complexe et ayant été acté seulement en fin d’année 2019, le mécanisme prévu n’a pu, techniquement, être mis en œuvre dans son intégralité au 1er janvier.

Les retraités concernés par les différents taux ne pouvaient pas être « précisément » identifiés en si peu de temps, pour ceux proches des 2 000 euros, avait alors expliqué l’Assurance retraite, le régime de base des salariés et indépendants. Les taux intermédiaires, notamment, n’ont pas été appliqués.

C’est pourquoi un recalcul a d’emblée été prévu pour ceux dont le total des pensions était très proche des 2 000 euros. Il devait être effectué sur les retraites d’avril, versées début mai, mais a été reporté en raison de la crise sanitaire.

C’est finalement sur les pensions de septembre, versées début octobre, qu’interviendra cette deuxième étape de la revalorisation 2020, ont indiqué au Monde les services de l’Assurance retraite.

Impossible toutefois pour l’heure de préciser exactement combien de personnes sont concernées par une baisse de pension ou par une hausse, indiquent-ils. Le régime avait estimé, en avril, que quelques dizaines de personnes verraient a priori leur pension modifiée par ce recalcul.
Pas de rattrapage en cas de baisse

Parmi les retraités proches des 2 000 euros de pension totale, certains verront leur pension de base baisser de quelques euros ou dizaines d’euros. Ce sont ceux à qui on a appliqué le taux maximal de 1 % mais qui avaient, en réalité, droit à une hausse moindre : 0,8 %, 0,6 %, 0,4 % ou 0,3 % (des exemples ici). Pour eux, il n’y aura pas de rattrapage au titre des mois précédents, autrement dit ils ne devront pas « rendre » le trop-perçu.

D’autres verront leur pension augmenter : ceux qui se sont vus appliquer une revalorisation de 0,3 % alors qu’ils avaient droit à plus (0,4 %, 0,6 %, 0,8 % ou 1 %). Pour eux, il y aura bien un rattrapage : on leur versera début octobre les sommes qui auraient dû être perçues les mois précédents, annonce l’Assurance retraite.

Ce mécanisme peu lisible concerne toutes les pensions de base, à l’exception de celles des avocats. Rappelons qu’à l’Agirc-Arrco, le régime complémentaire des salariés du privé, la revalorisation annuelle doit intervenir le 1er novembre.

Source : Aurélie Blondel, lemonde.fr

Tag(s) : #France

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