Océane Herrero, Le Figaro Economie

Océane Herrero, Le Figaro Economie

Le premier ministre entame une salve de rencontres avec les partenaires sociaux ce jeudi, pour rouvrir les négociations. Priorité est donnée au déficit de l'assurance-vieillesse.

Elle fait partie des dossiers engloutis par la crise du coronavirus : la réforme des retraites, en suspens depuis le mois de mars, sera remise sur la table des négociations par le gouvernement Castex. «Refuser de parler des retraites lorsque l'équilibre des comptes, et donc la sauvegarde du système actuel se trouve compromise, serait irresponsable, a déclaré le nouveau premier ministre devant le Sénat ce mercredi. Je vais rouvrir le dialogue, toutes les organisations syndicales viendront discuter avec moi et nous nous mettrons d'accord sur une méthode et un calendrier.»Elle fait partie des dossiers engloutis par la crise du coronavirus : la réforme des retraites, en suspens depuis le mois de mars, sera remise sur la table des négociations par le gouvernement Castex. «Refuser de parler des retraites lorsque l'équilibre des comptes, et donc la sauvegarde du système actuel se trouve compromise, serait irresponsable, a déclaré le nouveau premier ministre devant le Sénat ce mercredi. Je vais rouvrir le dialogue, toutes les organisations syndicales viendront discuter avec moi et nous nous mettrons d'accord sur une méthode et un calendrier.»

Le 20 juillet, soit dans à peine deux semaines, le premier ministre fraîchement nommé réunira donc tous les partenaires sociaux pour «une conférence de méthode», a-t-il annoncé devant les députés ce mercredi lors des questions au gouvernement. Des premières rencontres bilatérales sont prévues dès ce 8 juillet, avec la CFDT notamment. Un agenda très serré qui a de quoi prendre toutes les parties prenantes par surprise. Mais le tempo n'est pas encore déterminé. «Le fait d'assurer une plus grande égalité française, c'est un travail de long terme où il faut sans doute rouvrir les concertations», a nuancé le premier ministre. Une «réforme de fond, à laquelle nous ne renoncerons pas», mais dont, une fois encore, les contours n'ont pas encore été tracés. «Et puis, nous avons un sujet de plus court terme qui est le financement du système actuel», a-t-il précisé sans indiquer le timing des négociations sur ce point.

 

«On ne s'y attendait pas du tout, on a nous aussi appris la date du 20 juillet par la presse aujourd'hui, s'émeut Frédéric Sève, secrétaire national de la CFDT. On pensait que jusqu'à l'automne, on se consacrerait au chômage, à la relance». Même le Medef, par la voix de son président Geoffroy Roux de Bézieux, avait plaidé pour que la réforme soit «mise sur pause».

Avec cette annonce, Jean Castex veut démontrer sa capacité à agir vite, mais aussi se positionner comme la figure de proue de cette réforme des retraites. Du côté du ministère du travail, qui est maintenant en charge de ce dossier, «les cabinets ne sont pas encore entièrement constitués», nous indique-t-on. Laurent Pietraszewski, secrétaire d'État en charge des Retraites sous le gouvernement précédent, n'a à ce jour pas été reconduit ni remplacé puisque les secrétaires d'État ne seront pas nommés avant la semaine prochaine. Ce sont donc Élisabeth Borneet Jean Castex qui seront à la manœuvre des rencontres bilatérales avec les syndicats.

Ne pas faire table rase

Le gouvernement devra déterminer rapidement ce qu'il souhaite garder ou modifier dans le projet de loi qui a été âprement discuté depuis la fin de l'année dernière. Celui-ci avait même été voté en première lecture par l'Assemblée nationale, avant que la crise du coronavirus ne lui donne un coup d'arrêt.

«On ne peut pas tout reprendre du début», se glace Nicolas Turquois, député MoDem et ancien co-rapporteur du projet de loi sur les retraites voté en mars. Ce texte devrait, selon les dires du premier ministre, rester une base de négociation. Mais il devrait faire l'objet d'un nouveau découpage et d'un nouveau calendrier. Jean Castex souhaite donc prioriser la question du «financement actuel» du régime. Depuis la crise du coronavirus, celui-ci est exsangue. D'après une estimation provisoire du Conseil d'orientation des retraites (COR), le déficit du système de retraites devrait plonger cette année et atteindre le niveau record de 30 milliards d'euros, très loin des 4 milliards attendus avant la crise. À «court terme», le gouvernement devrait ainsi se pencher sur «des dispositions qu'il y a lieu de prendre pour [le] sauvegarder».

 

Pour le gouvernement, reste à savoir comment ne pas commettre les erreurs qui ont enlisé le premier projet de loi, avec un mouvement social d'une durée sans précédent. La grève a notamment paralysé les transports pilotés par la SNCF et la RATP - dont les salariés bénéficient de régimes spéciaux - durant de longs mois. «On reste dans le même état d'esprit qu'au début de l'année, prévient Laurent Djebali, représentant syndical Unsa-RATP. C'est-à-dire que cette réforme, on n'en veut pas».

Pour éviter la crise sociale, Frédéric Sève anticipe une réforme amenée «par petits bouts», pour élaborer en priorité le régime de retraites universel que la CFDT appelle de ses vœux. «Déterminer si le système est à points ou à cacahuètes, on peut le différer, par exemple. On n'est plus à six mois près», juge-t-il. «C'est une question de méthode, renchérit le député Nicolas Turquois. On ne fait pas tant face à une remise en cause du système cible qu'à une remise en cause des voies de transition».

 

 

Source : Océane Herrero, lefigaro.fr

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Tag(s) : #France

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