Capital : Vous estimez qu’aujourd’hui la situation des retraités se dégrade ?

Roger Perret : Les retraités ont payé un lourd tribu pendant la vague de Covid. Ce sont eux qui ont été les plus touchés avec le plus grand nombre de décès mais aussi avec des conséquences graves pour leur santé. A cela s’ajoute des préoccupations financières avec les pensions qui sont peu ou même pas du tout revalorisées depuis des années.

Capital : Vous redoutez une prolongation de ces mesures ?

Roger Perret : C’est notre préoccupation. Regardez déjà ce qui se passe, certains retraités (qui ont une pension comprise entre 2.000 et 2014 euros bruts, NDLR) auraient dû avoir une meilleure revalorisation de leur pension en avril qui a été repoussée à octobre. Nous allons être vigilant sur le fait qu’elle s’applique vraiment. Nous craignons aussi, qu’à l’occasion du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2021, il soit décidé, comme en 2020, que les pensions soient revalorisées de façon différente en fonction des revenus. Nous ne voulons pas non plus que revienne dans le débat une possible hausse de la CSG.

Capital : Il a pourtant été pointé que, contrairement aux actifs, pendant le confinement, les retraités n’ont pas perdu de pouvoir d’achat…

Roger Perret : Mettre ce constat en avant c’est oublier que les retraités sont des consommateurs. Si on ne leur donne pas les moyens de consommer, l’impact sur l’économie se fera ressentir. Ils sont aussi très actifs dans les associations et il a été estimé que ces aides représentaient 8% du PIB. Or, depuis 2012 alors que les prix augmentent, qu’il coûte de plus en plus cher de se soigner et que les tarifs des maisons de retraite deviennent inabordables, les pensions stagnent.

Capital : Que demandez-vous au gouvernement ?

Roger Perret : Pour nous en 2021, toutes les pensions doivent être revalorisées au même niveau. Nous demandons aussi de rattraper les précédentes revalorisations qui n’ont pas eu lieu. L’accent doit être mis sur le minimum vieillesse pour qu’il atteigne le même montant que le Smic, alors qu’aujourd’hui il est à 900 euros contre 1.200 euros pour le Smic. Nous avons l’impression que l’on cherche à rendre les retraités invisibles. Or, les conséquences de cette non considération sont graves avec certains qui abandonnent leur mutuelle et se soignent de moins en moins et d’autres qui, pour financer leur maison de retraite, se reposent sur l’aide financière de leur famille.

Source : Adeline Lorence, capital.fr