Nicolas Senèze, La Croix

Nicolas Senèze, La Croix

Le conseil d’administration de l’Agirc-Arrco, organisme qui gère les retraites complémentaires de presque 13 millions d’anciens salariés du secteur privé, a décidé jeudi 8 octobre de ne pas augmenter les pensions le 1er novembre prochain et ce, pendant un an.

Le conseil d’administration de l’Agirc-Arrco, l’organisme qui gère les retraites complémentaires de presque 13 millions d’anciens salariés du secteur privé, a décidé jeudi 8 octobre de ne pas augmenter les pensions le 1er novembre prochain et ce, pendant un an.

En mai 2019, un accord entre les partenaires sociaux – qui gèrent ensemble les retraites complémentaires du privé – avait pourtant décidé que les pensions seraient indexées sur l’inflation. Il s’agissait de préserver le pouvoir d’achat des retraités mis à mal par cinq années de gel, notamment chez les cadres où la retraite complémentaire peut représenter 60 % de la pension.

 

Mais c’était compter sans la crise du Covid-19 qui a eu un double effet : sur l’inflation, d’abord, relativement faible – + 0,1 % sur un an en septembre – et sur le salaire annuel moyen, qui sert à déterminer la valeur de service du point, base de calcul des pensions. À cause du chômage partiel, ce salaire annuel moyen a baissé de 6 % à 8 % cette année.

Attendre que la situation se stabilise

Certes, des garde-fous ne permettent pas au système de calcul d’aller jusqu’à une diminution des pensions, mais difficile, au vu de la conjoncture, de les augmenter. Le bureau de l’Agirc-Arrco, qui regroupe les représentants des organisations patronales et syndicales et est présidé par la CFDT, a donc proposé la semaine dernière de ne pas revaloriser la valeur du point.

Devant les incertitudes sur l’avenir, ce dernier a également recommandé d’attendre 2021 pour toucher à la valeur d’achat du point, qui sert cette fois aux actifs à calculer leurs futurs droits à la retraite. La baisse du salaire moyen aurait en effet pour conséquence de leur permettre d’obtenir plus de points pour une même rémunération. Avant de décider, l’Agirc-Arrco préfère donc attendre que la situation se stabilise et que les salaires se rétablissent, sous peine de mettre en danger son équilibre financier.

Des réserves financières en baisse

Or celui-ci a également été malmené par la crise. Si le régime complémentaire du privé avait atteint l’équilibre en 2019, les mesures de chômage partiel (ceux qui en bénéficient ne cotisent plus) et les reports de cotisation devraient amener un déficit d’au moins 6 milliards d’euros en 2020.

En juin, après le refus de l’État d’une avance de 8 milliards d’euros, l’Agirc-Arrco avait dû emprunter pour sécuriser le paiement des pensions de juin et juillet. Le régime ne souhaitait en effet pas toucher à ses 65 milliards d’euros de réserves financières qui, composées d’obligations et d’actions, ont souffert de la crise boursière, et étaient déjà en recul.

Alors qu’elles représentaient 81 % des pensions payées en 2019 et 73 % en 2020, elles devraient descendre à 67 % en 2021. En 2026, elles pourraient passer sous la barre des 50 %, alors même que l’accord de mai 2019 prévoyait que le régime devait toujours conserver en réserve au moins six mois de prestations.

Seize millions de retraités

La France compte 16,4 millions de retraités, tous régimes confondus. C’est 1,3 million de plus qu’en 2010. L’âge moyen de départ à la retraite est de 62,7 au régime général, en hausse de plus d’un an par rapport à 2010.

Les dépenses de retraite représentant 13,7 % du PIB, en hausse de 0,6 point par rapport à 2010.

La pension brute moyenne se montait en 2019 à 1 576 € par mois, c’est 61 € de plus qu’en 2010.

Six cent mille retraités touchent le minimum vieillesse.

Un peu moins de 9 % des retraités (8,7 %) vivent sous le seuil de pauvreté contre 14 % pour l’ensemble de la population.

Source : Nicolas Senèze, lacroix.com

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