Ouest France.

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L’impact financier de la pandémie va affecter, pour longtemps, les finances du régime général de retraite.

Emmanuel Macron voulait reconstruire le régime des retraites. Le Covid s’est chargé de le ruiner pour plusieurs années, si l’on en croit le dernier rapport du Conseil d’orientation des retraites (Cor).

 

Premier point : la surmortalité due au Covid, principalement chez les personnes âgées, n’allège pas les dépenses des caisses de retraite, car une sous-mortalité a été constatée chez les plus jeunes, du fait de moindres accidents et des effets positifs des gestes barrières sur d’autres maladies.

Côté recettes, c’est la chute, comme pour toute la sécurité sociale et le régime chômage : 10 % en moins, du fait des cotisations perdues dans le chômage et l’activité partielle, des moindres rentrées de taxes, etc.

Résultat immédiat : alors que le déficit des retraites était presque nul en 2019 (1,9 milliard d’euros), il plonge à 25,4 milliards d’euros en 2020, dont 21 milliards d’euros exclusivement, le Cor estime que la pandémie pèsera encore à hauteur de 5 milliards par an au cours des années suivantes.

Mais le Covid n’est pas la seule cause de la dégradation financière du régime des retraites à venir.

La tendance au vieillissement de la population reste un problème de fond : le ratio passera de 1,7 cotisant par retraité en 2019 à 1,6 en 2030 et 1,3 en 2070.

La réforme, pas la priorité du moment

Autre donnée soulignée par le Cor, l’effectif des fonctionnaires, qui devait baisser de 65 000 entre 2019 et 2022, augmentera en réalité de 11 600, notamment du fait des créations de postes dans les hôpitaux.

Constat du Cor, même si la croissance de l’économie revenait, en 2024, au niveau d’avant la crise, le produit intérieur brut français, c’est-à-dire la totalité des richesses produites par le pays, qui était de 2 300 milliards en 2019, ne serait pas rattrapée. Sur ces 2 300 milliards, les retraites coûtent 330,6 milliards. Si l’on maintient à peu près la part de ce qui leur est consacré, le déficit atteindra encore 13,3 milliards en 2024.

La transposition politique du problème conduit à une impasse : augmenter les cotisations ou baisser les pensions ralentirait la reprise. Quant au rallongement de la durée de cotisation, cela revient à relancer le chantier du système universel, enterré depuis mars. Conclusion de Frédéric Seve, secrétaire national de la CFDT, qui suit ce dossier de près : "La réforme des retraites n'est pas la priorité du moment, il faut d'abord sortir de la crise".

Source : ouest-france.fr

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