Aurélie Blondel, Le Monde

Aurélie Blondel, Le Monde

L’Assurance-retraite vient d’augmenter légèrement les pensions de base de près de 1,5 million de personnes, en rattrapage de la revalorisation du début d’année. A l’inverse, celles d’environ 200 000 retraités ont quelque peu diminué.

Les retraités du régime général perçoivent ces jours-ci sur leur compte leur pension de base due pour septembre. Un versement cependant pas tout à fait comme les autres, puisque quasi 1,7 million de personnes voient leur pension modifiée. Plus précisément 1 664 395, selon l’Assurance-retraite. La grande majorité d’entre eux, 1,47 million, soit 88 %, bénéficient d’une pension légèrement en hausse, et un peu moins de 200 000 voient leur pension légèrement baisser, a indiqué le régime au Monde.

Un mécanisme complexe

Ce n’est pas une surprise, un recalcul du taux de revalorisation annuel avait été annoncé dès le début de 2020. Car si la revalorisation a lieu traditionnellement en début d’année dans ce régime, sur les pensions dues au titre du mois de janvier et versées début février, cette année 2020 s’annonçait spécifique, avec une revalorisation particulièrement complexe, opérée en deux temps. 

A l’origine de cet embrouillamini, la décision du gouvernement, fin 2019, d’appliquer des taux de revalorisation « différentiés » pour les pensions de base en 2020 : un taux réduit de 0,3 % pour les plus aisés, ceux percevant au total, toutes pensions confondues, plus de 2 000 euros brut, et un taux normal de 1 % (l’inflation) pour les autres. Avec un mécanisme de lissage imaginé pour les pensions comprises entre 2 000 et 2 014 euros.

En pratique toutefois, deux soucis se sont posés. Le mécanisme ayant été décidé tardivement, le lissage n’a pas pu être appliqué dès le début d’année. Et même pour les retraités non visés par ce lissage, les caisses n’avaient pu identifier précisément qui était au-dessus, ou en-dessous, des 2 000 euros de pensions totales. D’où un premier calcul provisoire, et une révision plus tard dans l’année. Celle-ci était à l’origine prévue au printemps mais avait été reportée à cet automne en raison du confinement.

Les retraités qui voient leur pension augmenter ce mois-ci (parce que, par exemple, leur taux de revalorisation sera passé de 0,3 % à 0,4 %, 0,6 %, 0,8 % ou 1 %) bénéficient en outre du remboursement des sommes qu’ils n’ont pas perçues depuis le début d’année. Le montant moyen de ce remboursement est toutefois faible : 15,63 euros. 

Pas de rattrapage du trop-perçu

En revanche, que les retraités à qui on a appliqué en début d’année un taux de revalorisation plus élevé que celui auquel ils avaient droit se rassurent : il n’auront pas à rembourser le trop-perçu. Montant moyen ainsi « gagné » par les quelque 200 000 retraités concernés sur la période : environ 35 euros, soit 6,66 millions d’euros au total (192 559 retraités x 34,62 euros).

Si dans un premier temps le régime avait évalué le nombre de personnes concernées par le recalcul à quelques dizaines de milliers, leur nombre est au final beaucoup plus important, ce 1,7 million de retraités représentant 11 % des effectifs de ce régime et 10 % environ du nombre de retraités total des régimes de français.

Ces chiffres concernent le seul régime général, et en son sein, pour l’instant uniquement les anciens salariés, pas les anciens indépendants, pour lesquels les calculs sont en cours. Les autres régimes de base, à l’exception de celui des avocats, sont aussi concernés par la revalorisation en deux temps mais n’ont pour l’heure pas communiqué leurs chiffres.

Quant aux pensions complémentaires des salariés du privé, versées par l’Agirc-Arrco, elles n’étaient pas visées par l’opération. Pour elles, la date de revalorisation annuelle est le 1er novembre. Comme pressenti, il n’y aura toutefois pas de hausse cette année, a confirméle régime dans un communiqué le 8 octobre, « du fait du contexte de crise sanitaire »

Source : Aurélie Blondel, lemonde.fr

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