C’était une première et il aura fallu quasiment une année pour en régler tous les détails techniques. Le 1er janvier 2020, les pensions de base ont été revalorisées de façon différente en fonction des revenus. Ainsi, si votre retraite (de base et complémentaire) est inférieure à 2.000 euros brut, vous avez profité d’une hausse de 1%. Au-delà, l’augmentation était de 0,3%. Voilà pour les grandes lignes. Mais il existe une petite subtilité qui nécessite aujourd’hui des ajustements. Pour éviter que ceux qui gagnent moins de 2.000 euros profitent d’un effet d’aubaine par rapport aux retraités dont la pension dépassait tout juste 2.000 euros, des taux intermédiaires de revalorisation ont été créés. Ainsi, les retraités gagnant entre 2.000 et 2.008 euros devaient voir leur pension augmenter de 0,8 %, contre une augmentation de 0,6% pour ceux entre 2.009 et 2.012 euros et de 0,4 % pour ceux dont les pensions sont de 2.013 et 2.014 euros.

Or cette revalorisation n’a pas pris effet dès le 1er janvier pour des raisons techniques. Elle a d’abord été programmée pour mai avant d’être repoussée... au 9 octobre, à cause de la pandémie. La “bonne” revalorisation sera donc octroyée pour les retraites de septembre versées en octobre. D’après les chiffres de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav), près de 5 % des retraités sont concernés. Capital, en partenariat avec le cabinet spécialisé Optimaretraite, a étudié trois cas type de retraités pour évaluer ce changement.

Exemple 1 : un retraité gagnant 2.005 euros dont la pension a été revalorisée de 0,3% au 1er janvier au lieu de 0,8%

Le premier exemple est celui d’un retraité dont la pension avant revalorisation est de 2.005 euros. Il s’agit d’un ancien salarié du privé qui touche une retraite de base de 1.200 euros et une retraite complémentaire Agirc-Arrco de 805 euros. La revalorisation se fait donc sur les 1.200 euros de sa retraite de base. Au 1er janvier dernier, sa retraite de base a été revalorisée de 0,3 %. Elle a donc atteint 1.203,60 euros. Or, elle aurait dû être rehaussée de 0,8 %, soit 1.209,60 euros. Le 9 octobre sa pension (de base et complémentaire) passera de 2.008,60 euros à 2.014,60 euros, soit une hausse de 6 euros. Notre retraité aurait dû percevoir ce niveau de pension depuis le début de l’année. Il va donc bénéficier d’un rattrapage sur ces sommes qu’il aurait dû percevoir pendant ces huit derniers mois, soit 48 euros.

Exemple 2 : un retraité gagnant 2.013 euros dont la pension a été revalorisée de 0,3% au lieu de 0,4%

 

Notre retraité touche une retraite de base de 1.205 euros et une retraite complémentaire Agirc-Arrco de 808 euros. Au 1er janvier 2020 sa retraite de base a été revalorisée de 0,3 % et il a alors perçu une retraite de base de 1.208,6 euros soit une retraite totale de 2.016,6 euros. Or sa pension devait être augmentée de 0,4% et non de 0,3%. Au total, depuis le 1er janvier il aurait dû toucher une retraite de base de 1.209,8 euros soit une pension totale de 2.017,8 euros. Depuis le 1er janvier, sa pension aurait dû être supérieure de 1,2 euro. Il percevra donc en octobre un rattrapage de 9,6 euros.

Exemple 3 : un retraité gagnant 2.005 euros dont la pension a été revalorisée de 1% au lieu de 0,8 %

e cas inverse peut aussi exister. Il peut être lié à une prise en compte tardive de l’actualisation des revenus du retraité. Résultat, des retraités gagnant un peu plus de 2.000 euros ont pu voir leur pension augmenter de 1% alors que la revalorisation devait être inférieure. En octobre, ils vont donc voir la somme perçue diminuer. Mais, contrairement aux retraités qui ont subi une sous-revalorisation, pour ces derniers, l’effet n’est pas rétroactif. Cela signifie qu’ils n’auront pas à rembourser le trop-perçu depuis le mois de janvier. Dans cet exemple, notre retraité perçoit une retraite de 2.005 euros. Malgré qu’il dépasse la barre des 2.000 euros de revenu, sa pension de base a été revalorisée de 1% au 1er janvier. Alors que sa retraite de base était de 1.200 euros, elle est passé à 1.212 euros, soit une retraite totale de 2.017 euros (avec une retraite complémentaire Agirc-Arrco de 805 euros). Mais la revalorisation accordée n’était pas la bonne. Sa retraite de base devait être revue à la hausse de 0,8% et non de 1%. Notre retraité devait percevoir une retraite de base de 1.209,6 euros et non de 1.212 euros, soit 2,4 euros de moins par mois. Au total, à partir d’octobre sa pension va légèrement chuter passant de 2.017 euros à 2.014,6 euros. Toutefois il n’aura pas à rembourser le trop perçu pendant les 8 premiers mois de l’année, soit un “cadeau” de 19,2 euros.

Source : Adeline Lorence, capital.fr