Robin Serradeil, La Dépêche

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C'est un effet de la crise économique en cours : le déficit lié au système de retraite français est revu à la hausse. Pour le combler, le Conseil d'orientation des retraites préconise de baisser les pensions de retraite en jouant sur leur sous-indexation. 
Les pensions de retraite pourraient-elles être revues à la baisse en 2021 ? En pleine période de crise économique, le système de retraites français a vu son déficit s'aggraver : selon un rapport publié par le Conseil d'orientation des retraites (COR) à la fin du mois de novembre la France comblerait cette brèche non pas en 2036 comme cela était escompté initialement, mais bien en 2045, dans le meilleur des cas (c'est-à-dire en comptant sur une hausse du produit intérieur brut de 1,8% par). Selon les prévisions du COR, en deçà d'une hausse de 1,5% de la productivité, le système de retraites français pourrait être déficitaire au moins jusqu'en 2070.

Une situation qui doit pousser à la réaction selon Didier Blanchet, président du Comité de suivi des retraites (CSR). Interrogé par le Figaro, celui-ci rappelle que, dans le dispositif de retraites français organisé par répartition, "les cotisations des actifs doivent payer les pensions des retraités et s'équilibrer en moyenne année après année". Dans un avis diffusé le 21 décembre dernier, le comité a sommé l'exécutif de réagir.

Peu de solutions possibles 

Et les solutions pour rééquilibrer le déficit du système de retraites français ne sont pas nombreuses. On en compte principalement trois :

Relever l'âge de départ à la retraite : la solution est envisagée dans un contexte où l'espérance de vie en bonne santé ne cesse d'augmenter en France. Depuis la réforme de 2010 sur les retraites, l'âge de la retraite a été progressivement relevé : de 60 ans, il est passé à 62 ans pour les générations nées en 1955 et après, à partir de la génération née au second semestre 1951. Pour autant, difficile de modifier cet âge pivo. Lors de la campagne des élections présidentielles de 2017, Emmanuel Macron avait promis qu'il ne relèverait pas l'âge de départ à la retraite durant son quinquennat.

Augmenter le taux de cotisation des actifs : ce taux s'élève aujourd'hui à 28%, il est l'un des plus élevés d'Europe. Il stagne aujourd'hui non loin du plafond autorisé par la loi. Difficile ainsi d'envisager de faire peser un peu plus encore le poids du déficit sur les actifs. 

Baisser les pensions de retraite : reste alors la baisse les pensions versées aux personne en retraites. Cette solution est d'autant plus légitime pour l'exécutif que, selon le Conseil d'orientation des retraites, les retraités bénéficieraient d'un niveau de vie supérieur à celui des actifs en cette période de crise sanitaire. En 2019, Emmanuel Macron avait déjà envisagé de mettre à contribution les retraités en gelant l'évolution de leurs pensions.

À la fin de l'année 2018, les pensions de retraite s'élevaient en moyenne à 1 504 euros bruts mensuels. Selon le CSR, la crise a provoqué un "rebond temporaire de ce niveau de vie relatif, qu'on pourrait envisager de gommer rapidement par une mesure de sous-indexation visant l'ensemble de la population retraitée". En clair,  les retraités seraient mieux lotis que les actifs et pourraient supporter une baisse de leurs pensions. Le président du CSR Didier Blanchet tient à rassurer : cela devrait se faire "sans-à-coups inutiles et en limitant ses effets pour les retraites les moins favorisées".

Source : Robin Serradeil, ladepeche.fr

Tag(s) : #France

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