France : Réforme des retraites : l'exécutif sur la défensive

Le gouvernement étudie des aménagements pour déminer le terrain social

S'il y a parfois eu des convergences entre les gilets jaunes et les syndicats, CGT en tête, la "greffe générale" ne s'est pas encore produite. Le gouvernement craint qu'elle se fasse le 5 décembre, lors de la mobilisation interprofessionnelle à laquelle les gilets jaunes vont prendre part.

La pression monte pour l'exécutif qui rêve de faire de la réforme des retraites le point central de l'"Acte 2" du quinquennat. Mais c'est sans compter les gilets jaunes qui, eux, rêvent de lancer leur saison 2 en fêtant le premier anniversaire du mouvement le 17 novembre prochain et en se greffant à la grande mobilisation interprofessionnelle du 5 décembre initiée par la CGT avec FO, la FSU et Solidaires.

Lors de leur "assemblée des assemblées", qui s'est tenue ce week-end à Montpellier, les représentants des gilets jaunes ont décidé, à une écrasante majorité, de répondre à l'appel des syndicats vent debout contre la mise en place d'un système "universel" de retraites par points. Ce rassemblement va-t-il véritablement se transformer en cette fameuse "convergence des luttes" que l'exécutif a pour l'instant réussi à éviter ? Du côté de la CGT, on l'espère. "Depuis très longtemps - un an, presque - on essaye de trouver des convergences, et petit à petit on y arrive parce que nous avons les mêmes préoccupations avec les gilets jaunes", a commenté, lundi matin sur les ondes de RMC, Philippe Martinez citant, au-delà de la question des retraites, le pouvoir d'achat, l'environnement et le travail précaire.

Au sommet de l'État, les paroles du patron de la CGT sont prises au sérieux. Le but de l'exécutif est désormais de déminer le terrain social d'ici au 5 décembre afin d'éviter un blocage généralisé du pays qui pourrait jouer les prolongations et réveiller le spectre des grandes grèves de 1995.

"Clause du grand-père"

Alors que la concertation se poursuit avec les syndicats dits réformateurs comme la CFDT et la CFTC, actuellement en congrès à Marseille se poursuit, le gouvernement étudie la possibilité de la mise en place d'une "clause du grand-père" qui consisterait à n'appliquer la réforme qu'aux seuls nouveaux entrants sur le marché du travail, une piste à laquelle Emmanuel Macron s'est montré ouvert. Cette clause était mentionnée dans le rapport que Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire chargé du dossier, a remis en juillet, mais ce dernier s'attardait, lui, sur un basculement en 2025 avec des temps de transition certes différents selon les situations, mais pas aussi longs. "Pourquoi on sacrifierait les nouvelles générations ?", s'est insurgé Philippe Martinez. Sur ce point, il est sur la même ligne que le président de la... Confédération des petites et moyennes entreprises françaises (CPME), François Asselin qui a qualifié cette "clause du grand-père" d'"absolument anormale".

Pour faire passer cette vaste réforme, censée fusionner les 42 régimes existants et qui est annoncée avant l'été, l'exécutif va devoir penser à d'autres aménagements.

Source : Laurent Alexandre, laprovence.com

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