France : Réforme des retraites: tout le monde est d’accord, ce n’est pas le moment !

Les partenaires sociaux, y compris la CFDT pourtant favorable au système universel, jugent qu’il serait malvenu de réactiver maintenant ce dossier.

ls étaient nombreux à croire la réforme des retraites enterrée après la crise du Covid-19. Mais le président de la République ne souhaite pas renoncer entièrement à sa réforme, qui devait être le grand acte du quinquennat, et veut la remettre en partie à l’ordre du jour. Reste à voir si le sujet sera abordé dimanche soir par Emmanuel Macron lors de son allocution télévisée.

Mais déjà, les partenaires sociaux ont estimé unanimement jeudi matin que ce n’était pas le moment de relancer ce sujet miné, alors que la France fait face à la plus grave crise économique depuis la Seconde Guerre mondiale, lors d’un grand rendez-vous organisé par l’association des journalistes de l’information sociale (Ajis).

Bien sûr, tous les syndicats, qui étaient contre la réforme, y restent fermement opposés. «Le meilleur avenir de la réforme des retraites, c’est le placard», a résumé, lapidaire, François Hommeril (CFE-CGC). «Il serait malvenu de remettre la réforme des retraites sur la table alors qu’on a tant d’autres chats à fouetter», affirme pour sa part Yves Veyrier (Force Ouvrière), pointant le taux de chômage record attendu après la crise sanitaire. De même, la CGT n’en démord pas: pour elle, ce projet reste indéfendable.

Plus surprenant, même la CFDT, grand défenseur et promoteur de la réforme, marche sur des œufs. «On n’est plus du tout dans la même épure. Je continue à croire qu’un système universel de retraites est plus juste. Je n’abandonne pas. Mais ce n’est pas le moment de repartir dans des affrontements sur ce sujet à la rentrée», a déclaré Laurent Berger.

Quant au patronat, il ne semble pas non plus souhaiter vouloir rouvrir des cicatrices à peine refermées, alors que tant d’autres dossiers s’accumulent. «Avant de relancer la réforme des retraites, il faudrait déjà se demander quelle est la profondeur du trou», a réagi Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef. Et pour cause: avec l’explosion du chômage et la chute des rentrées de cotisations, le déficit du système de retraite va s’envoler et le besoin de financement, que le COR estimait avec beaucoup d’optimisme à 12 milliards d’euros en 2025 avant la crise, va être atomisé.

De son côté Alain Griset, président de l’U2P, qui représente les commerçants, artisans et indépendants, a rappelé l’opposition des professions libérales, qui n’ont eu de cesse de refuser l’intégration de leurs caisses de retraite autonomes dans un vaste régime universel.

Source : Marie-Cécile Renault, lefigaro.fr

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