JCL, Le Parisien

JCL, Le Parisien

La ministre du Travail estime, à rebours de son collègue de l’Économie qui s’exprimait dans nos pages, que la priorité est de sortir de la crise ouverte par la pandémie de Covid-19, et de le faire par l’emploi.

Chacun son point de vue. La ministre du Travail, Elisabeth Borne, s'est opposée nettement ce dimanche à son homologue des Finances, Bruno Le Maire. Dans un entretien croisé dans le Parisien-Aujourd'hui en France, avec Olivier Véran, le ministre de l'Economie a qualifié la réforme des retraites de « priorité absolue » pour rembourser la dette du Covid, un fardeau de plus en plus handicapant.

« La priorité absolue, c'est de sortir la crise sanitaire économique, sociale, de protéger les emplois, c'est l'avis unanime des partenaires sociaux », a répondu Elisabeth Borne, interrogée sur les déclarations de son collègue lors de l'émission « Dimanche en politique » sur France 3. De même, a-t-elle défendu, l'objectif de 7 % de chômage d'ici la fin du quinquennat ne tient plus, car « l'objectif reste de réduire le taux de chômage le plus possible », a-t-elle martelé.

Même désaccord entre les deux ministres sur le sens de la réforme : Bruno Le Maire la présente comme un des facteurs, avec « le retour de la croissance » et « la maîtrise de nos dépenses de fonctionnement », qui permettront à l'Etat « de rembourser la dette ». Alors que pour Elisabeth Borne, « c'est une réforme de justice sociale, qui vise à mettre en place un système universel plus équitable ».

Dans le Parisien début juillet, Emmanuel Macron avait prévenu qu'« il n'y (aurait) pas d'abandon » de son projet de système universel, suspendu à la mi-mars en raison de la crise sanitaire, qu'il le jugeait « juste ».

La réforme, débattue entre janvier et mars dernier, a été avalisée en première lecture à l'Assemblée nationale grâce à l'article 49.3, ce qui avait suscité une forte colère. Main tendue aux partenaires sociaux, le président de la République se disait « ouvert » à ce que sa réforme « soit transformée ». « Il faut trouver un chemin pour reprendre les discussions avec les partenaires sociaux », a abondé la ministre du Travail ce dimanche, elle veut aller jusqu'à la « concertation » puis « un débat parlementaire apaisé ». Reste à savoir quand les discussions reprendront : d'ici à la présidentielle, le calendrier ne va aller qu'en se resserrant.

Source : JCL, leparisien.fr

Tag(s) : #France
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :